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JPP 2017 : Allergies alimentaires : deux nouvelles entités ont été décrites

Le syndrome d’entérocolite induit par les protéines alimentaires ou Seipa, et l’œsophagite à éosinophiles dovent être connus des médecins.

"Classiquement, on différencie deux formes d’allergies alimentaires, des allergies Ig E médiées avec des symptômes parfois de type anaphylactique, apparaisant dans les minutes à l’heure suivant l’ingestion de l’aliment, et des allergies non Ig E médiées déterminant des troubles digestifs souvent non spécifiques en 48 à 72 heures" a expliqué le Dr Julie Lemale (Hôpital Armand Trousseau, Paris).  Deux autres entités ont cependant été décrites ces dernières années : le syndrome d’entérocolite induit par les protéines alimentaires ou Seipa, et l’œsophagite à éosinophiles.

 

Le Seipa, diagnostiqué souvent tardivement

 

La forme aiguë de Seipa, qui peut se rencontrer après consommation de tout aliment même a priori non allergisant (riz…), se traduit par des vomissements incoercibles, 1 à 3 heures après son ingestion, et  un tableau d’hypotension, déshydratation nécessitant un remplissage vasculaire... La maladie, souvent diagnostiquée tardivement,  s’accompagne d’une augmentation des neutrophiles, d’une acidose, d’un accroissement du TNFα  modifiant la perméabilité intestinale et activant les lymphocytes T. Des formes chroniques à l’expression plus frustre (vomissements, diarrhées) se voient également, notamment après ingestion des protéines de lait de vache ou de soja.

Le premier épisode de Seipa au lait apparaît vers 20 jours de vie. Pour les aliments solides, le diagnostic est en général établi vers 7  mois. Il est rare de développer d’autres allergies après 1 an et, grâce au développement d’une tolérance alimentaire,  90 % des patients sont guéris à 30 mois. Cependant, certains Seipa au poisson, aux crustacés, persistent à l’âge adulte.  

Les tests allergologiques sont négatifs. La réalisation d’un test de provocation oral en milieu hospitalier confirmera le diagnostic et guidera l’éventuelle réintroduction progressive de l’aliment. "Le traitement consiste en l’éviction de l’aliment et l’administration de préparations d’acides aminés" ajoute le Dr Lemale.

 

L’oesophagite à éosinophile : des rechutes fréquentes

 

Touchant aussi bien l’enfant que l’adulte, l’œsophagite à éosinophiles se caractérise par la présence anormale d’eosinophiles  (+ de 15 par champ à fort grossissement) dans la muqueuse œsophagienne. Il  existe un sexe ratio de 3 pour 1 en faveur des garçons et on a identifié des gènes favorisant la perte de la barrière épithéliale, et la différenciation Th2 de la réponse immunologique. Après stimulation par un allergène, la diminution de la barrière épithéliale semble favoriser une réponse inflammatoire de la muqueuse œsophagienne avec différenciation Th2, production d’interleukines, recrutement d’éosinophiles et de fibroblastes à l’origine d’une fibrose. "On évoquera cette pathologie devant un reflux gastro-œsophagien atypique chez le nourrisson,  des douleurs abdominales chez l’enfant, une dysphagie chez l’adolescent" explique le Dr Lemale. Fréquente, l’hyperésinophilie sanguine peut représenter un marqueur de suivi car son taux est souvent corrélé au nombre d’éosinophiles œsophagiens. Les prick-tests et les Ig E spécifiques peuvent parfois aider à identifier l’aliment en cause. Mais, pas toujours car on a souvent affaire à une polyallergie. Les biopsies mettront en évidence la présence anormale d’éosinophiles.

"Le traitement au long cours est souvent compliqué, car les rechutes sont fréquentes lors des tentatives d’arrêt, reconnait la spécialiste. Il faut proposer en premier lieu un inhibiteur de pompe à protons à forte dose pendant 2 mois : l’éosinophilie œsophagienne répondant à un traitement court par IPP.  Si après ce traitement, on observe toujours en endoscopie la persistance de 15 éosinophiles par champ au sein de la muqueuse œsophagienne, le diagnostic d’œsophagite à éosinophiles sera retenu".

On proposera, en cas de symptômes modérés, des corticoïdes inhalés, un traitement diététique basé sur les tests allergologiques, l’exclusion des aliments les plus allergisants : blé, œuf, poisson, soja, fruits à coque. Dans les cas les plus sévères, on prescrira des corticoïdes oraux, des solutions d’acides aminés, et on effectuera,  en cas de sténose, une dilatation œsophagienne. 

Sources : 

D’après la communication  de J. Lemale (Paris), lors des Journées Parisiennes de Pédiatrie (6 et 7 octobre 2017)

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