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Immunothérapie : tout comprendre du prix Nobel de médecine en 180 secondes

Les deux lauréats du prix Nobel de médecine 2018 sont à l’origine de la découverte des protéines Ctla-4 et PD-1, - dite voie des checkpoint -, et de leur développement clinique, qui apporte un bénéfice majeur pour le traitement de plusieurs types de cancers.

Comme le rappelle l’assemblée Nobel de l’Institut Karolinska, dans son communiqué daté du 1er octobre, "le cancer constitue l’un des plus grands défis sanitaires de l’humanité". Et dans ce domaine, l'Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont réalisé des "découvertes majeures" complémentaires, en montrant "comment différentes stratégies pour inhiber les freins du système immunitaire peuvent être utilisées dans le traitement du cancer". Cela a justifié qu’ils obtiennent tous deux cette année le prix Nobel de médecine. L’immunothérapie, qui vise à stimuler les cellules immunitaires pour qu’elles s’attaquent aux cellules cancéreuses, constitue en effet, aux yeux de nombreux experts, la 4ème voie de traitement du cancer, aux côtés de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Pour l’assemblée Nobel, ces recherches ont "révolutionné le traitement du cancer et a fondamentalement changé notre façon de voir la prise en charge de cette pathologie". "C'est une bonne nouvelle pour tout le monde, en particulier pour les malades (..) C'est une révolution équivalente à l'arrivée des antibiotiques", a commenté Eric Vivier, chercheur de l'Inserm, joint par l'AFP.

L’intérêt portée par les chercheurs à l’immunothérapie en oncologie ne date cependant pas d’hier. Ainsi, dès la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, l’idée de pouvoir activer le système immunitaire pour lutter contre les cellules tumorales est apparue. Des expérimentations ont ainsi été réalisées en infectant les patients avec des bactéries pour activer leurs défenses. Mais ces stratégies n’ont pas été efficaces, sauf pour le cas du cancer de la vessie avec l’utilisation du BCG. Et dans les années 1990, l’utilisation de cytokines comme l’interféron-α ou les interleukines s’inscrivait aussi dans ce domaine mais avec, là encore, des résultats décevants. Les progrès dans la compréhension des mécanismes moléculaires sous-tendant la réaction immunitaire liés aux lymphocytes T, ont ensuite permis d’identifier des protéines nécessaires au déclenchement d’une réponse immunitaire qui agissent comme des accélérateurs de cellules T, et d'autres protéines qui, au contraire, constituent des freins aux cellules T, inhibant l'activation immunitaire.

 

James P. Allison, développeur de la voie Ctla-4

C’est à ce niveau que se situent les découvertes de James P. Allison et Tasuku Honjo. L’américain a étudié dans les années 1990 à l’Université de Californie à Berkeley, une protéine des lymphocytes T déjà connue, Ctla-4 (pour antigène 4 des lymphocyte T cytotoxiques), qui agit comme...

Sources : 

Communiqué de l’Assemblée Nobel Institut Karolinska, 1 er octobre 2018. Avec AFP

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