L’efficacité de l’immunothérapie des cancers serait sous l’influence de l’alimentation et du microbiote intestinal

11/01/2022 Par Pr Philippe Chanson
Cancérologie Endocrinologie-Métabolisme Nutrition
Le traitement par immunothérapie a révolutionné le traitement du cancer. De nombreuses études humaines et des modèles précliniques ont clairement montré que le microbiome intestinal influençait la réponse thérapeutique à l’immunothérapie.

Le microbiome intestinal humain est lui-même conditionné par toute une série de facteurs environnementaux dont l’alimentation et l’utilisation de médicaments, alors que la génétique compte pour moins de 10 % des variations seulement. Des facteurs comme le contenu alimentaire en fibres ou l’utilisation de probiotiques dans les compléments alimentaires pourraient-ils modifier la réponse à l’immunothérapie du cancer ? Afin de répondre à cette question, le microbiome fécal a été analysé dans une grande cohorte de patients ayant un mélanome (n = 438) dont la majorité avaient reçu un traitement systémique pour un mélanome métastatique et dont les réponses au traitement avaient été évaluées en imagerie permettant de classer les patients comme répondeurs (réponse complète ou partielle, ou maladie stable pendant 6 mois), ou comme non-répondeurs (classification RECIST). Après avoir analysé le microbiome, ces auteurs ont évalué l’utilisation de probiotiques en compléments alimentaires, l’utilisation d’antibiotiques ou la prise de fibres dans l’alimentation. Une consommation élevée de fibres alimentaires est associée à une survie sans progression significativement meilleure chez 128 patients sous immunothérapie, le bénéfice le plus prononcé étant observé chez les patients ayant un apport satisfaisant en fibres diététiques et n’utilisant pas de probiotiques. Toutes ces données ont été récapitulées dans un modèle préclinique qui a permis de démontrer que la réponse aux anti-PD1 chez les souris qui recevaient une alimentation faible en fibres alimentaires ou qui recevaient des probiotiques étaient significativement altérée avec une réduction de la fréquence des cellules T cytotoxiques interféron gamma positives dans le microenvironnement tumoral. Bien sûr, toutes ces données ont des implications cliniques importantes chez les patients qui reçoivent une immunothérapie pour cancer à qui il faudrait donc plutôt conseiller de prendre un régime riche en fibres et de ne pas utiliser de compléments alimentaires contenant des probiotiques !

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