Diagnostic du cancer du pancréas : le rôle central du médecin généraliste

28/04/2017 Par Dr Philippe Massol
Hépato-gastro-entérologie

Selon une étude, le médecin généraliste est le premier acteur de soins, consulté pour 87% des patients. Et dans 83% des cas, il mentionne une suspicion de cancer du pancréas lorsqu'il adresse son patient vers un spécialiste.

Les données dans la littérature concernant les parcours des soins des patients atteints de cancer du pancréas métastatique sont limitées. L’expression clinique très tardive de cette maladie engendre un diagnostic à un stade souvent trop avancé. L'objectif de l'enquête Repere menée par le Pr Pascal Hammel (Hôpital Beaujon, Clichy)  était d'identifier et de décrire les premières étapes de ce parcours avec l’objectif d'améliorer le diagnostic de la maladie et l'accompagnement du malade. De mai à octobre 2015, 62 oncologues (ON) ou gastro-entérologues spécialisés en oncologie digestive (GESOD) et 300 médecins généralistes (MG) ont été interrogés par questionnaire électronique sur le parcours de soins de 728 patients récemment diagnostiqués pour un adénocarcinome du pancréas métastatique. Parmi eux, 200 patients ont été directement interrogés par un questionnaire remis par le médecin spécialiste (ON/GESOD). Les résultats de cette enquête montrent que les principaux signes ou symptômes ayant motivé le patient à consulter étaient un amaigrissement (65%), une fatigue (53%) ou une anorexie (49%). Le médecin généraliste était le premier acteur de soins consulté pour 87% des patients. Selon les patients, médecins généralistes ou spécialistes interrogés, la médiane du délai estimé entre l'apparition des premiers symptômes et l'annonce du diagnostic définitif de cancer du pancréas variait de 41 à 65 jours. Ce délai tendait à diminuer en présence d'un ictère (-15 jours en moyenne, écart-type = 8, p < 0,1 ; NS) ou d’une inquiétude du patient face aux premiers symptômes (-11 jours en moyenne, écart-type = 6, p < 0,05).   A contrario, il était allongé (+14 jours en moyenne, écart- type = 6, p < 0,05) en cas de prescription d’un traitement symptomatique par le médecin généraliste. Enfin, ce travail confirme que les soins de supports (médecin de la douleur, diététicien/nutritionniste, psychologue, assistante sociale) ne sont pas proposés systématiquement. Les auteurs concluent que "la prise en charge diagnostique des patients atteints de cancer du pancréas pourrait être accélérée par des efforts de sensibilisation des praticiens, notamment des médecins traitants". Ce travail a été mené avec l’aide du laboratoire Celgene.

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

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