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Entendue par la police après avoir dénoncé aux médias la "maltraitance institutionnelle" en Ehpad

Une aide-soignante d'un Ehpad marseillais a été entendue par la police mardi, après que le magazine Pièces à conviction a diffusé sur France 3 des images de surveillance de l'Ehpad Les Parents. Le groupe Korian, propriétaire de cet Ehpad, avait  en effet porté plainte contre X pour recel, abus de confiance et atteinte à la vie privée.

Dans "Maisons de retraite : le secret d'un gros business", sur France 3, une aide-soignante dénonçait des actes de maltraitance institutionnelle dont elle était régulièrement témoin : quantité de nourriture insuffisante pour chaque résident et manque de moyens en général.

En fait, depuis plusieurs mois, quatre aides-soignantes de Marseille affirment publiquement avoir été témoins de tels agissement et l'une d'entre elles, Isma, a été entendue hier mardi par la sûreté départementale, dans le cadre de la plainte contre X déposée par le groupe Korian, pour recel, abus de confiance et atteinte à la vie privée. Un rassemblement à l'initiative de la CGT s'est organisé pendant son audition.

Isma avait été licenciée après avoir donné sur ce thème une interview à France Culture. Une autre aide-soignante, Hella, avait été remerciée pour, selon elle, avoir '"demandé une couche supplémentaire pour une patiente, et ainsi dépassé ma dotation journalière de trois couches par résidents". Hella affirme qu'Isma "est convoquée en guise d’avertissement envers les autres aides-soignantes, pour qu’elles ne parlent pas. Mais on se bat pour les résidents. Quand vous devez vous occuper de 12 résidents entre 8 h et midi, vous avez à peine le temps de les changer et les faire descendre pour le repas. Même plus le temps de discuter. Alors, ça devient de la maltraitance institutionnelle."

Avocat de Korian, Maître Reinhart explique que la plainte contre X a été déposée pour "protéger l'intimité et la vie de nos résidents. Ces images représentant des personnes fragiles n'avaient pas à être diffusées. On ne cherche pas à museler, on demande un minimum de respect".

Une audience devant les prud'hommes est prévue courant novembre, les aides-soignantes contestant leur licenciement.

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