Un million d'euros d’investissement contre 20 ans dans un désert : les exigences d’un jeune généraliste inquiètent l’Ordre

24/11/2022 Par Marion Jort
Démographie médicale
Promettant de s’installer pour au moins 20 ans dans un petit village du Jura situé en plein désert médical, un jeune généraliste a exigé de la commune qu’elle s’engage à lui verser une prime d'installation de 50.000 euros, qu’elle prenne en charge le salaire de sa secrétaire et qu’elle investisse notamment dans du matériel et dans une maison médicale pour un montant total d'1 million d'euros.  

  

Soulagement pour le village d’Arinthod, dans le Jura, situé en plein désert médical : un jeune généraliste de 27 ans a décidé d’y poser ses valises et d’y ouvrir son cabinet. Une arrivée que saluent les habitants, parfois contraints de devoir aller jusqu’à la ville de Lons-le-Saunier, à 35 minutes de route, pour se soigner.  

Son installation n’a toutefois pas été sans conditions. Le médecin a imposé plusieurs contraintes à la commune, comme la prise en charge intégrale du salaire de sa secrétaire, une prime d'installation de 50.000 euros pour l’équipement du cabinet et la promesse de la création d’une maison médicale. Montant total de l’opération pour le village : 1 million d’euros. En échange, il s’est engagé à exercer au moins 20 ans à Arinthod.  

"Je vais faire de la suture, on va faire des infiltrations pour les patients qui en ont besoin, de la dermatologie. Il y aura une médecine polyvalente au service de la population, et tout cela ça a un coût évidemment", a-t-il expliqué au micro de TF1 pour justifier ces exigences. Le maire, de son côté, a expliqué qu’il avait cherché tant bien que mal avec l’ARS, puis des cabinets de recrutement, sans y parvenir avant d’accepter les conditions du MG, qui vient du département.  

 

L’Ordre inquiet 

Une nouvelle qui a fait grincer l’Ordre départemental. "Si vous voulez mettre un million d'euros pour avoir un médecin, on est dans une inégalité totale. Une collectivité qui aurait les moyens de s'acheter un médecin pourrait le faire, que deviendrait-il des communes pauvres ?" a réagi le président du CDOM. Selon lui, avec "une consultation à sa juste valeur, les médecins n'auraient pas besoin d'aide, ils pourraient se débrouiller tout seuls pour s'autofinancer".  

 
[avec TF1

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