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Appendicites aiguës : faut-il revoir la physiopathologie ?

Il semble exister actuellement plusieurs  d’arguments pour que la physiopathologie classique de l’appendicite, encore enseignée de nos jours, basée sur son obstruction et son évolution vers la perforation, soit remise en cause et que l’existence de deux formes d’appendicites de physiologie distincte doive être discutée.

 

Nous avons appris que les appendicites sont dues à une obstruction de l’appendice et qu’une appendicite non compliquée (NC) (catarrhale ou phlegmoneuse) non opérée évolue vers une forme compliquée (C), nécrosée et/ou perforée. Mais cette physiopathologie classique de l’appendicite aiguë a été remise en question ces dernières années. Corinne Vons (Hôpital Avicenne, Bobigny) a, lors des Mardis de l’Académie de Médecine le 14 février, présenté un  important travail d’épidémiologie et a  proposé une physiopathologie revisitée. Les données épidémiologiques, que le Pr Vons a exposé,  repose sur une analyse de toutes les données PMSI. Il s’agit de l’étude épidémiologique la plus importante et surtout la plus exhaustive réalisée à ce jour sur l’appendicite aiguë dans un pays entier.

Les résultats révèlent que le  nombre de séjours pour «appendicite aiguë » a diminué entre 1997 et 2015. Le nombre de séjours hospitaliers  pour appendicite aiguë est d’abord passé de plus de 132 000 en 1997 (23 pour 10 000 habitants), à 90 000 en 2006 (15 pour 10 000 habitants), soit plus de 42 000 séjours (32 %) de moins en 10 ans. Puis la diminution a été plus progressive, et en 2015, le nombre d’appendicite aiguë était de 72 000 (12 pour 10 000 habitants) soit une perte de 13 000 séjours en 6 ans (13 %). En 2015, les formes NC constituaient en moyenne 55,75 % de toutes les appendicites aiguës et les formes compliquées en moyenne 44,25 %.

Les raisons de ces variations de l’incidence de l’appendicite aiguë selon les années et qui est retrouvé dans d’autres pays sont globalement mal expliquées. Alors qu’en France sont invoqués en partie, à partir de 2000, la meilleure performance du diagnostic préopératoire, grâce à la disponibilité et la performance diagnostique de l’imagerie en urgence (échographie et TDM), et le rôle éventuel d’une évolution des attitudes médicales devant des  appendicites NC qui sont moins systématiquement opérées qu’avant, en Californie, c’est la même performance de l’imagerie qui, à l’inverse, expliquerait l’augmentation des diagnostiques d’appendicites aiguë, et des appendicectomies.

Nos résultats montrent aussi que l’incidence de l’appendicite aiguë varie avec l’âge, et que dans cette variation, les deux formes NC et C ont encore des profils épidémiologiques différents. En effet, comme cela avait été déjà montré [15], l’appendicite aiguë est très fréquente à l’adolescence, avec une incidence maximale de 5 à 19 ans qui diminue progressivement chez l’adulte jeune. L’appendicite est...

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