Traitement de la NASH : la chirurgie bariatrique métabolique est plus efficace que les interventions sur le style de vie associées à une thérapie médicale optimisée

19/06/2023 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme Hépato-gastro-entérologie
La stéatopathie non alcoolique est la plus fréquente des maladies hépatiques chroniques : elle touche 55 % des sujets ayant un diabète de type 2 et 75 % de ceux qui ont une obésité. Des études d’observation ont suggéré que la chirurgie bariatrique métabolique pourrait améliorer la stéato-hépatite non alcoolique (NASH). Toutefois, l’efficacité de la chirurgie sur la NASH n’a pas été comparée dans un essai randomisé aux effets d’interventions sur le style de vie et sur la prise en charge thérapeutique médicale optimisée.

C’est la raison pour laquelle une étude multicentrique ouverte, randomisée, a été mise en place dans 3 hôpitaux de Rome, en Italie. Des participants âgés de 25 à 70 ans ayant une obésité (IMC de 30 à 55 kg/m2), avec ou sans diabète de type 2 et ayant une NASH confirmée par biopsie hépatique, ont été assignés de manière randomisée soit à une modification du style de vie associée à un traitement médical optimisé, soit à un bypass gastrique Roux-en-Y, soit à une gastrectromie sleeve. Le critère d’évaluation principal était la résolution histologique de la NASH sans aggravation de la fibrose après un an. Entre 2019 et 2021, 431 participants ont été dépistés par une biopsie. Sur ces 431, 103 (24 %) n’avaient pas de NASH histologique et 40 (9 %) n’ont pas souhaité participer à l’étude. 288 participants (67 %) ont été assignés de manière randomisée à des modifications du style de vie associées au meilleur traitement médical possible (n = 96, soit 33 %), à un bypass Roux-en-Y gastrique (n = 96, soit 33 %), ou enfin à une gastrectomie sleeve (n = 96, soit 33 %). En analyse en intention de traiter, le pourcentage de participants qui ont atteint le critère d’évaluation principal, c’est-à-dire la résolution histologique de la NASH sans aggravation de la fibrose après 1 an, était significativement supérieur dans le groupe bypass gastrique Roux-en-Y (54, soit 56 %) et dans le groupe sleeve gastrectomie (55, soit 57 %) à celui des patients ayant modifié leur style de vie (15, soit 16 %) (p < 0.0001). La probabilité de résolution de la NASH était 3.6 fois supérieure (IC 95 % = 2.19 – 5.92 ; p < 0.0001) dans le groupe bypass gastrique Roux-en-Y et 3.67 fois supérieure (2.23 – 6.02 ; p < 0.0001) dans le groupe gastrectomie sleeve en comparaison avec les modifications du style de vie. Dans l’analyse per-protocole, sur 82 % des participants qui ont terminé l’étude le critère d’évaluation principal était obtenu chez 54 (soit 70 %) des 77 participants du groupe bypass gastrique Roux-en-Y et chez 55 (soit 70 %) des participants du groupe sleeve gastrectomie en comparaison avec 15 (soit 19 %) des patients du groupe modifications du style de vie (p < 0.0001). Aucun décès ou aucune complication mettant la vie en danger n’ont été rapportés. Les effets secondaires sévères sont survenus chez 10 (soit 6 %) des participants qui avaient eu une chirurgie bariatrique métabolique et ces participants n’ont pas nécessité de réintervention et les effets secondaires sévères ont été résolus avec une prise en charge médicale ou endoscopique. En conclusion la chirurgie bariatrique métabolique est plus efficace que les interventions sur le style de vie associées à une thérapie médicale optimisée dans le traitement de la NASH.

 
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A tout problème complexe, il y a une solution simple .... et fausse. Il faut cesser de voir la médecine libérale comme une rustin... Lire plus

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