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La coalition GenR veut faire de l’innovation en santé une priorité pour la France
Présenté le 16 septembre 2026 à l’Académie nationale de médecine, le rapport de la coalition Génération Recherche (GenR) entend faire de la recherche et du progrès médical un enjeu visible du débat présidentiel.
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Faire de l’innovation en santé un levier de progrès pour les patients et d’attractivité pour la France. C’est l’objectif du rapport* rédigé par Génération Recherche (GenR), une coalition qui représente 13 organisations : 8 associations de patients et 5 entreprises du médicament. Élaboré à partir de 107 auditions menées cette année auprès de chercheurs, patients, chercheurs, cliniciens, industriels, économistes, juristes et décideurs publics, ce document met en exergue les forces et faiblesses du système de santé Français. Et propose une kyrielle de mesures aux candidats à l’élection présidentielle pour remettre la recherche et l’accès aux traitements au cœur des priorités françaises.
Pas assez de bénéfices pour les patients
L’hexagone bénéficie notamment d’une recherche clinique et scientifique d’excellence, d’un système de protection sociale permettant de déployer les innovations à grande échelle, d’un patrimoine important de données de santé et d’une expertise reconnue dans les maladies rares et le cancer. "Mais elle peine à transformer suffisamment rapidement cette excellence en bénéfices concrets pour les patients", souligne le Pr Philippe Berta, professeur émérite en génétique, ancien député, et président de GenR. Premier signal d’alerte : le délai d’accès aux médicaments innovants. "Il s’écoule en France une médiane de 520 jours entre l’autorisation européenne d’un nouveau médicament et son accès pour les patients français, contre 56 jours en Allemagne. Cet écart ne s’explique ni par un niveau d’exigence scientifique différent, ni par la qualité de l’expertise française, mais principalement par l’organisation des procédures", note Philippe Berta. La même logique s’applique à la recherche clinique. La France représenterait moins de 2,8 % des essais cliniques industriels mondiaux contre environ 10 % au milieu des années 2010. Autre sujet d’inquiétude : depuis 2008, les financements publics de la recherche en biologie et santé ont reculé de près de 30 % en euros constants, d’après le président de GenR.
Coordonner l’action publique et programmer à long terme
GenR formule ainsi deux grandes recommandations (déclinées en une quarantaine de mesures) à prendre dès le début du quinquennat. La première consiste à instaurer une véritable coordination interministérielle de l’innovation en santé placée sous l’autorité du Premier ministre. "GenR propose aussi de s’appuyer sur le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), créé en 2004 auprès du Premier ministre, en élargissant sa composition aux représentants des patients, des scientifiques, des académiciens et des professionnels de santé. L’instance serait présidée par le Premier ministre et disposerait d’un secrétariat général chargé d’assurer le suivi des décisions entre les réunions", explique le Pr Berta.
La seconde priorité est la mise en place d’une programmation quinquennale de l’innovation en santé. "Actuellement, les cycles de développement des innovations s’étendent sur 10 à 15 ans alors que les décisions budgétaires restent largement pensées à court terme", regrette le Pr Berta.
Accélérer l’accès aux innovations
Ces deux décisions doivent, selon GenR, permettre d’atteindre un double objectif : accélérer l’accès des patients aux innovations et renforcer l’attractivité scientifique et industrielle de la France. Parmi les pistes avancées figurent notamment l’amélioration du dépistage néonatal, un accès plus homogène aux outils de médecine de précision, l’élargissement du dispositif d’accès précoce et une adaptation des méthodes d’évaluation des médicaments aux spécificités des maladies rares. Le rapport préconise également de renforcer l’attractivité des carrières scientifiques et médicales, de consolider la recherche fondamentale et clinique et de mieux exploiter les données de santé. La coalition a, par ailleurs, choisi de concentrer ses travaux sur deux domaines : l’oncologie et les maladies rares. Pour Philippe Berta, "ces deux champs constituent des démonstrateurs particulièrement pertinents du fonctionnement du système français".
GenR espère que son rapport sera utile aux candidats. Dès le mois de septembre et chaque mois, jusqu’aux élections présidentielles, la coalition publiera un scorecard mesurant les positions des principaux candidats sur l’innovation en santé et sur la reprise (ou non) des pistes de travail proposées dans son rapport.
* Le rapport de la coalition GenR est disponible sur le site www.genr.fr
Références :
Conférence de presse de GenR (16 septembre)
www.genr.fr
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