Refus scolaire anxieux : le Covid a renforcé une dynamique croissante déjà existante

16/02/2024 Par Caroline Guignot
Psychiatrie Congrès de l'Encéphale 2024
Anciennement appelé phobie scolaire, les données nationales, aussi parcellaires qu’elles soient, montrent la disparité des plaintes anxieuses chez les élèves.

  En l’absence de chiffres fournis par l’Education nationale, et d’une définition consensuelle de ce trouble, on estime que 1 et 5% des élèves seraient atteints de refus scolaire anxieux en France. La pandémie de Covid-19 semble en avoir favorisé la survenue, mais après un temps de latence. Pendant le confinement, une majorité des élèves n’a pas déclaré de difficulté particulière, mais les chiffres de refus scolaire anxieux semblent avoir augmenté en 2021 et 2022. Parmi les jeunes ayant eu un diagnostic, 38% faisaient le lien avec le confinement, et 11,4% semblaient affectés par un effet « cabane », ayant conduit à leur déshabituation aux exigences et pressions scolaire et sociale. « Le sentiment d’augmentation des refus scolaires anxieux est objectivé par l’augmentation des demandes de dispositifs alternatifs à la scolarité pour les élèves totalement ou partiellement déscolarisés depuis 2019-20» a commenté la Dre Myriam Jarlan Trojelli (Médecin Conseiller Technique, Education Nationale) : demandes d’Apadhe (assistance pédagogique à domicile, à l’hopital, à l’école) et d’instruction en famille. Mais la pandémie n’est pas seule responsable :« on peut considérer le refus scolaire anxieux comme une complication d’un trouble anxieux. Or, les troubles anxieux sont les plus fréquents chez les moins de 18 ans, 5 à 10 % d’entre eux remplissant les critères d’au moins un trouble anxieux sur une période de 12 mois » a rappelé la Dre Hélène Denis (CHU Montpellier). Parcoursup, les réformes successives du bac, le contrôle continu, le contexte d’actualité repris et amplifié par les réseaux sociaux, sont d’autres éléments qui, avec la crise sanitaire, permettent aux vulnérabilités préexistantes de se révéler. Dans les enquêtes dédiées, enfants et parents déclarent un facteur déclenchant dans 4 cas sur 5, mais il existe une grande disparité dans la nature de cet évènement (harcèlement, pression, évènement familial...). Les quelques données françaises concernant les adolescents en situation de refus scolaire anxieux montrent qu’il s’agit surtout de filles, généralement de bons élèves de milieu plutôt favorisé avec des parents stressés par la scolarité et demandeurs de solutions.  La prise en charge nécessite une étroite concertation entre famille et enfant, avec le médecin référent et l’école, afin d’explorer le rythme et l’hygiène de vie, les activités extrascolaires, l’environnement … et identifier les facteurs stressants à l’école (entourage, certains moments de la journée, contrôles surprises…). L’objectif étant d’éviter au maximum la déscolarisation. Des ajustements peuvent être proposés et consignés dans le projet d'accueil individualisé (PAI) mais peuvent requérir un Apadhe ou encore une instruction en famille, le recours à l’enseignement total à distance (par le CNED) devant être limité aux cas les plus sévères, par risque de désociabilisation. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est aujourd’hui l’approche la plus intéressante pour favoriser la rescolarisation rapide et durable, mais les études manquent encore. Un projet hospitalier de recherche clinique régional (PHRC) est aujourd’hui mené dans le sud de la France afin de mieux en connaître l’efficacité. Cette prise en charge sera adaptée aux motifs de refus scolaire : anxiété de séparation, anxiété vis-à-vis de l’école (émotions négatives apaisées durant les vacances), situation sociale aversive ou situation d’évaluation mal vécu, ou recherche de renforçateurs extérieurs à l’école, avec posture oppositionnelle, ne relèvent pas d’une même approche.  

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ROMAIN L
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Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
L'explosion de l'anxiété en France, et notamment chez les plus jeunes, est un sujet qui dépasse à mon avis largement le cadre de la simple question médicale. Je pense que c'est avant tout le résultat d'une ambiance générale : conflit entre éco-anxiété et injonctions consuméristes, destruction des repères fondamentaux (définition de la famille, place de l'homme, place de la femme, idée de nation/peuple/culture, respect de normes sociales indispensables à la vie en société), effondrement spirituel, remplacement de la raison par l'émotion.
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
c'est un vrai drame. il y avait déjà une montée de refus de l'autorité, de l'école dès que qqn ne plaisait pas. aptes le covid... c'est devenu une déferlante les réseaux.... j ai eu droit en consultation "pourquoi je dois restée 2h sur une chaise à écouter un prof de math en seconde..." le père a failli s'étouffer et moi je suis restée sans voix pendant un moment à réfléchir. réponse il y a le cned des PAI où on choisit la matiere où ils sont contents... ce n'est pas vraiment mon role de médecin. je ne sais pas quoi répondre et faire ces PAI ont un petit sens pour éviter la désvilarisation mais parfois je ne vois pas l'impact a avancer . il y a d'une part ce phénomène croissant er surtout la destruction de la psychiatrie par les instances. ce qui rend la prise en charge difficile. pour tous les parents, les généralistes, les psychiatres qui sont débordés. merci à ceux qui ont détruit le milieu de la pédopsychiatre et psychiatrie
 
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