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Pressions sur l'évaluation des médicaments : la HAS tire la sonnette d'alarme
Dans une tribune publiée dans Les Echos, le président de la HAS, le Pr Lionel Collet, et plusieurs membres de l'institution s'alarment des pressions exercées par des industriels dans le cadre des évaluations de médicaments.
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Une tribune qui dénonce. Le Pr Lionel Collet, président de la Haute Autorité de santé, et plusieurs membres du Collège de la HAS* ont publié une tribune dans les colonnes des Echos. Objectif : dénoncer des "pressions sur des évaluations en cours, notamment de médicaments, orchestrées par certains industriels qui cherchent à fragiliser son indépendance et la qualité de ses avis scientifiques", peut-on lire au sein de ce texte.
"Dans le circuit du médicament et des dispositifs médicaux, chaque acteur joue un rôle précis. Celui de la Haute Autorité de santé est d'évaluer, en toute indépendance, l'utilité clinique des produits de santé à partir des données disponibles", rappellent les auteurs de la tribune. Des éléments aidant les pouvoirs publics à fixer un remboursement par l'Assurance maladie et un prix avec le secteur industriel.
Mais pour "mieux soigner" et "mieux dépenser", "l’impartialité" de l'institution est indispensable. Toutefois, "certains acteurs cherchent à exercer des pressions notamment sur des dossiers en cours d'évaluation en imposant un récit fondé sur l'émotion plutôt que sur les preuves", déplorent les signataires. Et si, "dans l'immense majorité des cas, les évaluations se déroulent dans un climat serein", depuis plusieurs mois, "un autre registre s’installe".
Des "dérives isolées, mais désormais répétées"
Les industriels pointés du doigt n'hésiteraient pas à "instrumentaliser la voix des familles bouleversées et des patients en détresse avec l'appui de professionnels de santé parfois aux frontières - voire au-delà - du conflit d'intérêts". Selon les signataires, ces "pressions" prennent diverses formes : "via les médias, des relais d'opinion voire auprès de l'exécutif, ou par la menace de retrait de médicaments du marché". Des "dérives isolées, mais désormais répétées", que les signataires jugent "inacceptables".
"Le risque et la véritable perte de chance pour le patient seraient de lui proposer un traitement qui n'a pas fait la preuve de son efficacité et de sa sécurité ; le risque pour la pérennité de notre système de santé serait que la solidarité nationale prenne en charge des produits de santé qui ne le mériteraient pas", poursuivent les auteurs.
Des "tentatives d’interférence" qui "parasite[nt] le débat scientifique", "fragilisent la confiance des patients et des professionnels" ainsi que "la capacité d'institutions indépendantes à éclairer l'action publique par la science". Autant de dangers qui font que les signataires appellent à la fin de ces pressions tout en rappelant que la HAS restera "hermétique" à ces tentatives. "Aucune pression - d'où qu'elle vienne - ne nous détournera de notre mission."
*Signataires de la tribune : le Pr Lionel Collet, président de la HAS, Véronique Anatole, Pre Karine Chevreul, Pr Pierre Cochat, Claire Compagnon, Pre Anne-Claude Crémieux, Dr Jean-Yves Grall et Christian Saout.
[avec Les Echos]
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