Les biomarqueurs de la réserve ovarienne ne sont pas de bons marqueurs de la fertilité chez les femmes âgées de plus de 30 ans

19/10/2017 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

Sans que cela ait vraiment été démontré, les biomarqueurs de la réserve ovarienne comme l’AMH, l’inhibine B ou la FSH sont souvent utilisés pour prédire la fertilité.

Afin de déterminer les associations entre ces biomarqueurs et le potentiel reproductif chez des femmes âgées de plus de 30 ans, une étude prospective de cohorte a été mise en place aux Etats-Unis entre 2008 et 2016 auprès de 981 femmes âgées de 30 à 44 ans, qui n’avaient pas d’antécédents d’infertilité, qui avaient essayé de concevoir depuis moins de 3 mois et qui ont été recrutées en Caroline du Nord. Les concentrations en phase folliculaire précoce de l’AMH (hormone anti-mullérienne), de la FSH et de l’inhibine B ont été mesurées et le critère d’évaluation principal était la probabilité cumulée de concevoir après 6 et 12 cycles de tentatives et la fécondabilité relative (c’est-à-dire la probabilité de conception dans un cycle menstruel donné). 750 femmes d’âge moyen 33.3 ± 3.2 ans, dont 77 % étaient caucasiennes et 36 % en surpoids ou obèses, ont donc été prélevées et incluses dans l’analyse. Après ajustement pour l’âge, l’IMC, l’origine ethnique, le statut tabagique et l’utilisation récente de contraception hormonale, les femmes qui avaient des valeurs basses d’AMH (< 0.7 ng/ml) n’avaient pas de probabilité prédite significativement différente de concevoir après 6 cycles d’essai (65 % ; IC 95 % = 50-75 %) en comparaison des femmes qui avaient des valeurs normales d’AMH (62 % ; 57-66 %). Il en était de même après 12 cycles de tentatives (84 % ; 70-91 % versus 75 % ; 70-79 %). Les femmes qui avaient les valeurs de FSH les plus élevées (> 10 mU/ml) n’avaient pas de probabilité prédite significativement différente de concevoir après 6 cycles de tentatives (63 % ; 50-73 %) en comparaison des femmes ayant des valeurs normales (62 % ; 57-66 %). Il en était de même après 12 cycles de tentatives (82 % ; 70-89 % versus 75 % ; 70-78 %). Les concentrations d’inhibine B n’étaient pas associées à la probabilité de concevoir au cours d’un cycle donné (hazard ratio pour une augmentation d’1pg/ml de l’inhibine B = 0.999 ; 0.997-1.001). Ainsi, chez les femmes âgées de plus de 30 ans, sans antécédent d’infertilité et qui ont essayé de concevoir depuis moins de 3 mois, les biomarqueurs indiquant une réserve ovarienne diminuée, lorsqu’ils sont comparés avec ceux indiquant une réserve ovarienne normale, ne sont pas associés à une réduction de la fertilité. Il ne faut donc pas utiliser ces marqueurs pour prédire la fertilité naturelle chez les femmes ayant ces caractéristiques.

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Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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