La HAS recommande la vaccination systématique des nourrissons contre le méningocoque B

23/06/2021 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
Alors que le sérogroupe B est majoritaire pour les infections invasives à méningocoques en France (70% des cas chez les nourrissons et les jeunes enfants), la vaccination contre cette bactérie n’était, jusqu’à présent, recommandée que dans des circonstances particulières : le vaccin Bexsero (GSK), est recommandé chez les enfants à partir de l'âge de 2 mois chez les personnes à risque élevé de contracter une infection invasive à méningocoques B (IIM B) et pour des populations ciblées dans le cadre de situations spécifiques (foyers de cas, épidémie, hyperendémie localisée) ; et le second vaccin, Trumenba (Pfizer), autorisé en Europe mais non disponible en France, dispose d'une AMM pour les sujets à partir de l'âge de 10 ans. 

Mais la HAS a souhaité élargir cette recommandation en préconisant de vacciner désormais l’ensemble des nourrissons par le vaccin Bexsero. 

En effet, sur le plan épidémiologique, la situation évolue vers une stabilité, qui succède à une baisse constante de l’incidence entre 2006 et 2013. Cette dernière était de 0,36 pour 100 000 habitants en 2019 et de 0,60 au cours de la période 2003 à 2011. En 2020, si une baisse a de nouveau été constatée, elle est attribuée à la pandémie et aux mesures barrières, et ne doit donc pas être prise en compte. Au contraire « la reprise d'une vie sociale normale laisse présager une possible reprise épidémique des infections invasives à méningocoques en France », s’inquiète la Haute Autorité de santé (HAS). 

La maladie reste associée à une forte morbi-mortalité, avec une létalité comprise entre 9% et 12%, stable depuis 2013, et environ 6% des de séquelles précoces.  

Face aux IIM B, le vaccin Bexsero n’a pas montré d’impact sur le portage dans les essais clinique et les études observationnelles, suggérant un faible impact sur la transmissibilité et donc l’immunité collective. Cependant des données en vie réelle montrent une réduction de l’incidence de l’infection (- 60 à - 80% en Angleterre, - 50% à - 99% en Italie et au Portugal). Et aucun signal de sécurité n’a été relevé. 

En outre, l’acceptabilité de la vaccination par les praticiens semble bonne, et ce d’autant que le schéma posologique de Bexsero a été simplifié à 2 doses (contre 3) + une dose de rappel, en juillet 2018. Ainsi, en France, plus de 90% des médecins se sont prononcés en faveur de l'inscription de la vaccination contre IIM B dans le calendrier vaccinal, et 53% des médecins interrogés (69,5% des pédiatres et 29,7% des généralistes) proposaient déjà la vaccination avec Bexsero, et considéraient son non-remboursement et sa non-recommandation comme des freins importants à sa diffusion. 

Au vu de ces données, d’auditions d’experts et d’une consultation publique qui a eu lieu du 29 janvier au 28 février 2021, la HAS a décidé de recommander de vacciner tous les nourrissons, qui constituent la classe d'âge la plus vulnérable, en utilisant Bexsero selon le schéma de l'AMM (2 doses plus une dose de rappel). L’objectif est de « favoriser une possible protection individuelle de tous les nourrissons qui persisterait jusqu'à l'âge de 4 ans », en levant, en particulier le frein financier. 

Le rapport coût-bénéfice est « très élevé », du fait de la faible incidence des IIM B souligne la HAS,; « une forte diminution du prix du vaccin apparaît ainsi légitime » estime-t-elle.  Elle rappelle, par ailleurs, que la vaccination des nourrissons n'exonère pas de mettre en place une chimioprophylaxie antibiotique pour les sujets contacts de cas sporadiques d'infections invasives à méningocoques B, » qui reste le moyen le plus efficace de prévention de cas secondaires ». 
 

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