Vieillir en bonne santé : la clé est la prévention dès 40 ans, souligne un rapport de Santé publique France

01/12/2022 Par Marielle Ammouche
Santé publique
Dans le cadre de la stratégie globale de prévention aux âges clés de la vie, les pouvoirs publics lancent un programme, "Santé 40 et +", pour prévenir les maladies chroniques liées au vieillissement et la perte d’autonomie.  

 

En parallèle du vieillissement de la population et des changements de modes de vie, mais aussi grâce aux progrès thérapeutiques, on assiste à une explosion des maladies chroniques. Comment faire face à cet enjeu, auquel s’ajoute celui de la perte d’autonomie ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Santé publique France dans un vaste rapport qui vient d’être rendu public, et intitulé : "Enjeux sanitaires de l’avancée en âge. Épidémiologie des maladies chroniques liées à la perte d’autonomie et surveillance de leurs déterminants à mi-vie". Ce rapport constitue la première étape du programme "Santé 40 et +" développé par Santé publique France (SPF).  

Il dresse tout d’abord un état des lieux de la santé de la population française entre 40 et 64 ans, et pointe de nombreux indicateurs préoccupants. Ainsi, en 2050, près d’1 Français sur 3 (22,3 millions de personnes) sera âgé de 60 ans ou plus, selon des données de l’Insee. Il s’agit d’une évolution exponentielle car en 2005, c’était le cas de "seulement" 12,6 millions de personnes (1 habitant sur 5).  

Côté santé, les indicateurs sont loin d’être encourageants. Si la France est aujourd’hui dans les premiers rangs des pays européens en termes d’espérance de vie, elle se situe seulement au 11ème rang pour l’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire sans incapacité fonctionnelle. C’est autour de l’âge de la retraite que la situation apparaît la plus défavorable (aux âges avancés, les indicateurs d’incapacités semblent stables).  

 

Une prévalence importante des facteurs de risque 

Cet état est lié au vieillissement biologique, certes, mais aussi aux comportements de santé à risques et à l’installation des maladies chroniques. Il diminue la qualité de vie des malades ainsi que celle de leurs proches aidants. Seul remède pour SpF, la prévention "suffisamment en amont de la perte d’autonomie, avant que les premières incapacités ne se déclarent, est devenue une priorité de santé publique". Le rapport souligne ainsi les liens étroits existant entre des facteurs survenant à mi-vie et les pathologies liées au vieillissement. C’est le cas, en particulier des démences, des maladies cardiovasculaires et des cancers. Les auteurs du rapport rappelle ainsi "qu’un tiers des démences serait lié à des facteurs de risque modifiables, tout comme les pathologies cardio-neuro-métaboliques et un grand nombre de cancers".

Il s’agit ainsi de prêter une attention particulière à l’HTA, au diabète, à l’hypercholestérolémie et à l’obésité à mi-vie ; mais aussi de favoriser l’activité physique, un régime alimentaire sain, et de ne pas consommer de tabac ou d’alcool à cette période. Or ces facteurs de risque sont très présents, et en forte hausse, dans la population âgée de 40 à 64 ans. Ainsi, dans cette tranche d’âge, 25% des Français sont hypertendus (dont la moitié non diagnostiqués) ; et 10% sont pré-diabétiques. 30% des hommes et 25% des femmes fument du tabac quotidiennement ; et 20% boivent de l’alcool en excès. L’augmentation de la prévalence du surpoids est majeure : + 21% chez les femmes de 40 à 54 ans depuis 2006. Et l’activité physique est insuffisamment pratiquée. Enfin, la proportion de dépression a augmenté pour concerner 15,6% des femmes de 35-44 ans. Et les études mettent en lumière l’importance des facteurs socio-économiques sur la prévalence de ces facteurs de risque. 

 

Un plan global 

Dans ce contexte, " une action globale apparaît aujourd’hui particulièrement pertinente, notamment auprès des populations de plus faible niveau socio-économique, en agissant à la fois sur les comportements de santé, sur les milieux de vie (milieu du travail, établissements médico-sociaux par exemple) et sur les facteurs environnementaux (pollution de l’air, pesticides, etc)", affirment les auteurs du rapport. Cette approche de la prévention à certains âges de la vie constitue "une priorité de santé publique". Elle rentre dans le cadre des orientations de la Stratégie nationale de santé 2018-2022 et du projet gouvernemental de "Rendez-vous prévention" à certains âges clés, en cours de mise en place, et auquel est aussi relié le dispositif d’actions et d’information autour des 1 000 premiers jours de l’enfant, ainsi que celui s’adressant aux 55 ans et plus à domicile. 

Santé publique France poursuit donc ce dispositif en proposant un programme "Santé 40 et +" qui "vise à apporter de la connaissance pour agir sur les différents facteurs permettant de favoriser sur le long terme le vieillissement en bonne santé en intervenant dès la mi-vie selon les orientations définies dans la stratégie nationale Vieillir en bonne santé 2020-2022". Ce programme aura 3 axes : la surveillance de l’état de santé de la population dès la mi-vie et le développement d’indicateurs intégratifs du vieillissement ; une mobilisation des milieux de vie pour accompagner les publics, en particulier les moins favorisés, et promouvoir la santé dans une approche globale ; et le déploiement d’une stratégie de prévention relayée par des campagnes digitales et média en direction du grand public et des professionnels de santé, avec le lancement au printemps 2023 d’un site internet dédié à la prévention pour les personnes de 40 à 55 ans. 

 
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