Hépatite C : le traitement par AAD associé à une réduction des hospitalisations chez les patients psychiatriques

29/06/2022 Par Marielle Ammouche
Hépato-gastro-entérologie
En décembre 2021, de précédentes données issues de l’étude BaroC (71 466 patients traités pour une hépatite C entre 2015 et 2019) ont mis en évidence l’importance des sujets atteints d’hépatite C parmi les patients présentant des troubles psychiatriques : ces derniers représentent plus du quart des patients traités pour une hépatite C. Ce sous-groupe constitue ainsi l’une des plus large sous-population à risque identifiée, avec celles des usagers de drogues et des patients séropositifs au VIH.

  C’est pourquoi, des auteurs réunis autour des Prs Stanislas Pol (chef de service d’hépatologie et d’addictologie à l’hôpital Cochin, Université de Paris) et Benjamin Rolland (psychiatre et professeur d’addictologie aux Hospices civils de Lyon) ont voulu aller plus loin, pour préciser les éventuels liens existants entre traitement par antiviraux à action direct (AAD) et hospitalisations chez les patients atteints de troubles psychiatriques. Les résultats de cette étude, nommée BaroC PSY, soutenue par Gilead Sciences, viennent d’être présentés au congrès européen de l’European Association for the Study of the Liver (EASL) qui s’est déroulé à Londres du 22 au 26 juin 2022. L’étude s’est basée sur les informations du Système national des données de santé (SNDS). Les auteurs ont ainsi pu comparer les données d’hospitalisation avant et après traitement de l’hépatite C, chez 17 203 patients souffrant de troubles psychiatriques entre 2015 et 2019. Il en ressort que la guérison de l’hépatite C est associée à une baisse des hospitalisations des patients souffrant de troubles psychiatriques. Plus précisément, les analyses ont montré que 57,4% des patients ont été hospitalisés au moins une fois l'année précédant l'initiation du traitement par AAD, contre seulement 41,6% l'année suivant le traitement, soit une baisse de 28 %. De même le traitement de l’hépatite C a entrainé une baisse du nombre moyen d'hospitalisations par patient et par an, que ce soit en médecine générale (de 1,2 à 0,8), ou en psychiatrie (de 1,4 à 1,2). En outre, le traitement par AAD était aussi associé à une durée d’hospitalisation plus faible en médecine générale : de 20,5 jours à 16,7 jours. Ces résultats étaient statistiquement significatifs et étaient présents quel que soit le sous-groupe de patients considéré : troubles addictifs, troubles de l’humeur et névrotiques, troubles psychotiques et autres troubles psychiatriques. « La baisse significative des hospitalisations après guérison de l’hépatite C chez les patients souffrants de troubles psychiatriques observée dans BaroC PSY confirme l’importance de dépister et traiter le VHC dans les services de psychiatrie », a déclaré le Pr Benjamin Rolland.

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