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Industrie, bâtiment, écrans : quand les yeux sont touchés

Bien que peu fréquents, les accidents du travail provoqués par une contusion, une plaie ou une brûlure oculaire doivent être prévenus.  Des mesures seront aussi prises pour limiter la fatigue visuelle liée au travail sur écran.

 

Les pathologies ophtalmologiques peuvent être à l’origine d’accidents du travail, même si elles ne représentaient en 2011 que 6 % (contre 29 % pour les troubles musculo-squelettiques et 18 % pour les troubles mentaux) des pathologies répertoriées dans le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P), indique le Dr Xavier Zanlonghi, ophtalmologiste au centre de compétence des maladies rares de Nantes, qui a publié avec le concours du Pr Sophie Quinton-Fantoni (Lille) un article sur ce thème en 2013 (1). Ces accidents du travail, dont la fréquence semble diminuer, sont dominés par les contusions et les plaies du globe oculaire, ainsi que par des brûlures thermiques ou chimiques (acides, bases…), parfois graves, une exposition massive aux rayonnements, ou une intoxication au méthanol pouvant déterminer une neuropathie optique (2,3).

Les secteurs les plus pourvoyeurs de journées perdues de travail en raison de ces atteintes oculaires sont les industries du bâtiment et des travaux publics, de la métallurgie, du bois, de l’ameublement, et du papier-carton.

Le recours aux tableaux facilitera la reconnaissance de maladie professionnelle, "mais les atteintes oculaires représentent une part minime de celles-ci" (3). On peut néanmoins observer, entre autres pathologies, des conjonctivites aux poussières (bois, ciment), aux solvants, virales (personnel de laboratoire), ou allergiques (latex), des kératites et uvéites à l’arsenic ou infectieuses, des cataractes radio-induites (radiologues et cardiologues interventionnels, personnel du nucléaire) ou après exposition au rayonnement thermique (verre, métal porté à incandescence), des névrites optiques au dichloroacétylène…

Les mesures de prévention individuelle (lunettes, visières de protection) et collectives (aspiration, entretien des machines, rangements, étiquetage, automatisation de certains process, rideaux de soudure,….) sont indispensables.  

 

Fatigue oculaire et écran : quelques conseils à suivre

De nombreux secteurs où des tâches minutieuses doivent être effectuées : mécanique de précision, couture, bijouterie, horlogerie, montage de circuits électriques exposent aussi à une fatigue oculaire. Le travail de nuit est également contraignant pour les yeux, car les contrastes sont diminués et la compensation d’un éventuel déficit visuel se fait moins bien.

Le travail sur écran entraîne lui aussi une fatigue oculaire, du fait de l’accommodation qu’il requiert, la vision intermédiaire étant sollicitée. Or, en 2010 - et ceci risque d’avoir augmenté depuis - , un quart des salariés travaillaient sur écran plus de 20 heures par semaine, précise l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) (4). Cette fatigue visuelle, qui peut être aggravée par un éventuel défaut visuel (myopie, hypermétropie, presbytie…), peut se traduire par des picotements et rougeurs oculaires, des larmoiements, des yeux secs, des maux de tête.

L’INRS recommande de choisir un écran mat (attention beaucoup d’écrans de micro-ordinateurs portables présentent des effets miroir, source de fatigue visuelle), de taille et avec une résolution suffisante, avec affichage sur fond clair (en particulier pour les ordinateurs portables). Mais, signale le Dr Zanlonghi, "depuis 2018, ces recommandations sont déjà dépassées par le mode sombre des interfaces graphiques des derniers systèmes informatiques".

L’écran sera idéalement installé perpendiculairement aux fenêtres (sinon poser des stores sur les fenêtres), le haut du moniteur étant positionné en général à hauteur des yeux. Un bon éclairage doit être installé. Des pauses toutes les heures sont conseillées en cas de travail intensif.

 

Que faire en cas de plaie oculaire ?

Il ne faut pas chercher à extraire un éventuel corps étranger sur place. En cas de projection de liquide ou de produit chimique, il faut rincer l’œil ouvert abondamment à l’eau, le plus tôt possible pendant 10 minutes en veillant à ce que l’eau de lavage ne coule pas sur l’autre œil. En cas de brûlure, d’œil rouge et douloureux, il faut consulter rapidement un ophtalmologiste.

Sources : 
  1. Zanlonghi X, Quinton-Fanconi S. Œil et risque professionnel, AT et maladie professionnelle. Chapitre 9.4 d’un rapport annuel publié en novembre 2013 dans le Bulletin des Sociétés ophtalmologiques de France. Aptitudes visuelles : l'œil sain, l'œil opéré, l'œil pathologique.  
  2. Ebran JM. Œil et pathologie professionnelle. Encyclopédie Médico-Chirurgicale, 2009.
  3. Boulanger M. Œil et risques professionnels. Ophtalmologie, 2018, vol.15, n°1, pp.1-8.
  4. INRS. Santé et sécurité au travail. Dossier travail sur écrans. http://www.inrs.fr/risques/travail-ecran/ce-qu-il-faut-retenir.html

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