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Lait de cafard et urinoirs anti-éclaboussures… Le palmarès 2026 des études scientifiques les plus improbables
La 36e cérémonie des Ig Nobel a récompensé, jeudi 3 septembre, dix études scientifiques complètement loufoques mais loin d'être futiles. Rétrospective.
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C'est à Zurich, en Suisse, qu'a eu lieu la 36e cérémonie des Ig Nobel, jeudi 3 septembre. Après 35 années d'existence, l'événement, qui s'était toujours tenu jusqu'ici aux Etats-Unis, a été contraint de s'exporter en raison d'inquiétudes liées aux conditions d'entrée et aux politiques migratoires américaines. "Il est devenu dangereux pour nos invités étrangers de se rendre aux Etats-Unis" sous l'administration de Donald Trump, expliquait Marc Abrahams, rédacteur en chef des Annals of Improbable Research qui organisent l'événement, à nos confrères du Monde.
Malgré un contexte peu réjouissant pour le monde de la science et de la recherche, la cérémonie a tenté de conserver les codes qui ont fait sa renommée : un humour au millième degré, des jets d'avions en papier, des interludes musicaux et des sketchs complètement barrés. Des centaines de personnes étaient réunies au centre des congrès de Zurich pour prendre part à cette fête et découvrir les lauréats 2026. Les heureux élus se sont vu remettre un magnifique trophée en forme de pied surmonté d'un champignon, le tout sur une couche épaisse de faux fromage.
Les lauréats ont également reçu un billet de 10 000 milliards de dollars zimbabwéens. Une monnaie qui n'a plus de valeur à cause de l'hyperinflation.
Comme l'an dernier, dix catégories ont été mises à l'honneur, à commencer par la biomécanique. Un trio de chercheurs a vu son étude sur le baiser chez les primates (mais pas seulement) récompensée. Matilda Brindle, Catherine Talbot, et Stuart West ont montré que le baiser n'était pas une pratique propre à l'homme moderne. Ils ont notamment montré que nos ancêtres s'embrassaient déjà… il y a 21,5 millions d'années. "Cela ouvre la possibilité intrigante que les humains modernes et les Néandertaliens aient pu s'embrasser" lorsqu'ils se sont croisés, a souligné la Dre Matilda Brindle, biologiste à l'université d'Oxford, tombant dans les bras d'un Homo neandertalensis.
En médecine, le prix a été attribué, à titre posthume, au japonais Tokuji Unno pour son étude aérodynamique sur le mouchage de nez. Il a montré qu'en cas de toux ou d'éternuement, on expulse des sécrétions non seulement des voies respiratoires supérieures mais aussi des voies respiratoires inférieures. Il est possible, selon les chercheurs, de reproduire le même effet. Comment ? En effectuant un mouchage "ample et prolongé", franc donc. En plus de se débarrasser correctement des vilaines crottes de nez, cela pourrait contribuer à prévenir les affections des voies respiratoires supérieures et inférieures, avance l'étude.
Plus de pipi sur les chaussures
Ce sont ensuite des travaux bien plus dangereux qui ont été mis à l'honneur. L'Ig Nobel de biologie a été décerné à des chercheurs qui ont tenté de comprendre ce qui incite, ou non, un serpent venimeux à mordre un humain. L'étude consistait à marcher "délicatement" à plusieurs reprises, dans des conditions de température variables, sur différentes parties de serpents et à observer leurs réactions. L'étude, publiée dans la revue Scientific Reports, a finalement fait l'objet d'une rétraction en février 2025 pour non-respect des règles éthiques sur les recherches sur les animaux. Une décision contestée par les auteurs.
L'Ig Nobel de chimie est, lui, revenu à une équipe internationale pour avoir découvert que les protéines de lait produit par une espèce de cafard vivipare contiennent plus trois fois plus d'énergie que les protéines de lait de vache. Avis aux amateurs ?
Vêtus de longs imperméables jaunes, Randy Hurd, Zhao Pan, Tadd Truscott et Kaveeshan Thurairajah sont venus récupérer leur trophée dans la catégorie physique pour leurs travaux visant à optimiser les urinoirs. Objectif : mettre fin à la "tragédie" qui touche de nombreux hommes qui, bien souvent, font l'amère expérience de se faire pipi dessus. Une buse simulant l'urètre a été utilisée dans l'étude pour tester différents modèles d'urinoirs afin de déterminer ceux réduisant au maximum les éclaboussures. Ils ont tenu compte notamment de la pression du jet d'urine, la vitesse de l'impact ou encore l'angle du jet. Les auteurs ont reçu une ovation du public, hilare.
L'Ig Nobel de technologie a ensuite récompensé une équipe internationale qui a testé d'utiliser des trompes de moustiques comme buses d'impression 3D haute résolution. Entre deux remises de prix, une petite pique a été lancée contre Donald Trump dont le visage s'est affiché au moment d'évoquer l'effet Dunning-Kruger, un biais cognitif selon lequel les personnes les moins compétentes dans un domaine surestiment leurs compétences. Dans la catégorie "olfaction", nouvelle cette année, des chercheurs ont été primés pour avoir recueilli des preuves que les bébés ont une odeur merveilleuse pour leurs parents, contrairement aux adolescents.
Autre nouveauté de cette 36e édition : l'Ig Nobel de la science du sol. Une équipe a été primée pour son expérience visant à enterrer 1 000 paires de sous-vêtements identiques dans plus de 25 pays, puis à les déterrer deux mois plus tard. La décomposition de ces sous-vêtements en coton s'est avérée un bon indicateur de la santé des sols.
L'Ig Nobel d'économie a été décerné à des chercheurs pour avoir accumulé des preuves montrant que les personnes issues des classes aisées sont plus enclines à se servir dans la réserve de bonbons d'enfants et à adopter d'autres comportements contraires à l'éthique. Enfin, l'Ig Nobel de la paix a été attribué à des chercheurs qui se sont intéressés aux relations amicales. Ils ont notamment montré que les personnes préfèrent parfois que leurs amis se montrent sympathiques envers autrui… sauf quand il s'agit de leurs propres ennemis. Là, tous les coups sont permis.
Retrouvez le palmarès complet ici.
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