@juliebourges
Tarifs de l'imagerie : le directeur de la Cnam ne ferme pas la porte aux radiologues
Devant les professionnels réunis par la Fédération nationale des médecins radiologues à Paris pour la deuxième édition d'Imagine, ce vendredi 19 juin, Thomas Fatôme a regretté le rejet de l'avenant 1 par les syndicats, qui entérine les baisses tarifaires prévues le 1er juillet. Le patron de l'Assurance maladie s'est toutefois montré ouvert à la reprise du dialogue, notamment sur les forfaits techniques, afin de parvenir à un accord avant les nouvelles baisses prévues en janvier prochain.
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"On n'a pas trouvé un accord, je le regrette. Prendre un accord avec la moitié des baisses tarifaires et continuer à travailler aurait été pertinent, mais je comprends tout à fait la position des syndicats", a déclaré ce vendredi matin le directeur général de la Cnam, devant les radiologues réunis par la FNMR à Paris. "Je suis allé au maximum de ce que je pouvais proposer."
Malgré le rejet unanime du projet d'avenant 1, Thomas Fatôme "souhaite continuer à dialoguer, à travailler avec les radiologues". "Il y a plein d'idées qui ont été mises sur la table, de leur côté, de notre côté aussi. Beaucoup de choses, en réalité, qui convergent sur la qualité et la pertinence", a-t-il affirmé. Le directeur de la Cnam assure vouloir travailler sur la base de référentiels définis par les sociétés savantes, et partagés par les professionnels. Il n'est pas question pour l'Assurance maladie, dit-il, de contrôler chacun des 50 000 actes d'imagerie effectués chaque jour.
Mais dans la pratique, la pertinence n'est pas simple à mettre en œuvre, a-t-il souligné. "Qui est responsable de quoi ? C'est là que les ennuis commencent, si j'ose dire. Est-ce que c'est le demandeur [de l'acte] ? Est-ce que c'est l'effecteur ? La pression qui pèse sur le demandeur est élevée" et difficile pour l'effecteur, "une fois que le patient est arrivé, après deux, trois mois, six mois de rendez-vous", de "dire non", a-t-il reconnu.
Mais alors que les dépenses d'imagerie augmentent chaque année, en moyenne de 5% (soit +300 millions d'euros), le directeur de la Cnam insiste sur la nécessité de s'inscrire plus "fortement" dans cette logique du "juste soin au juste prix". La situation financière de l'Assurance maladie est "calamiteuse" (16 milliards d'euros de déficit en 2025) et le Gouvernement devrait annoncer de nouvelles "mesures difficiles", comme des "baisses de remboursement", dans les mois qui viennent, a-t-il alerté.
Le dialogue entre la Cnam et les radiologues pourrait reprendre dès "la fin de l'été", sur la base des résultats de la mission sur les forfaits techniques confiée à quatre personnalités qualifiées (deux noms proposés par la Cnam, deux par les syndicats). Il s'agit de questionner le niveau de ces forfaits, de voir comment ce modèle tarifaire doit évoluer et comment "l'IA doit être appréhendée".
Parvenir à un accord avant la troisième étape des baisses tarifaires, le 1er janvier 2027, ne sera pas simple, admet à demi-mot Thomas Fatôme, la période d'examen du PLFSS n'étant pas propice à des négociations. "Je pense quand même qu'on ne s'est pas mis complètement dans la meilleure situation pour aboutir à l'automne", a-t-il lancé.
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