@juliebourges

Tarifs de l'imagerie : le directeur de la Cnam ne ferme pas la porte aux radiologues

Devant les professionnels réunis par la Fédération nationale des médecins radiologues à Paris pour la deuxième édition d'Imagine, ce vendredi 19 juin, Thomas Fatôme a regretté le rejet de l'avenant 1 par les syndicats, qui entérine les baisses tarifaires prévues le 1er juillet. Le patron de l'Assurance maladie s'est toutefois montré ouvert à la reprise du dialogue, notamment sur les forfaits techniques, afin de parvenir à un accord avant les nouvelles baisses prévues en janvier prochain. 

19/06/2026 Par Aveline Marques
Assurance maladie / Mutuelles Radiologie Rémunération

@juliebourges

"On n'a pas trouvé un accord, je le regrette. Prendre un accord avec la moitié des baisses tarifaires et continuer à travailler aurait été pertinent, mais je comprends tout à fait la position des syndicats", a déclaré ce vendredi matin le directeur général de la Cnam, devant les radiologues réunis par la FNMR à Paris. "Je suis allé au maximum de ce que je pouvais proposer." 

Malgré le rejet unanime du projet d'avenant 1, Thomas Fatôme "souhaite continuer à dialoguer, à travailler avec les radiologues". "Il y a plein d'idées qui ont été mises sur la table, de leur côté, de notre côté aussi. Beaucoup de choses, en réalité, qui convergent sur la qualité et la pertinence", a-t-il affirmé. Le directeur de la Cnam assure vouloir travailler sur la base de référentiels définis par les sociétés savantes, et partagés par les professionnels. Il n'est pas question pour l'Assurance maladie, dit-il, de contrôler chacun des 50 000 actes d'imagerie effectués chaque jour. 

Mais dans la pratique, la pertinence n'est pas simple à mettre en œuvre, a-t-il souligné. "Qui est responsable de quoi ? C'est là que les ennuis commencent, si j'ose dire. Est-ce que c'est le demandeur [de l'acte] ? Est-ce que c'est l'effecteur ? La pression qui pèse sur le demandeur est élevée" et difficile pour l'effecteur, "une fois que le patient est arrivé, après deux, trois mois, six mois de rendez-vous", de "dire non", a-t-il reconnu. 

Mais alors que les dépenses d'imagerie augmentent chaque année, en moyenne de 5% (soit +300 millions d'euros), le directeur de la Cnam insiste sur la nécessité de s'inscrire plus "fortement" dans cette logique du "juste soin au juste prix". La situation financière de l'Assurance maladie est "calamiteuse" (16 milliards d'euros de déficit en 2025) et le Gouvernement devrait annoncer de nouvelles "mesures difficiles", comme des "baisses de remboursement", dans les mois qui viennent, a-t-il alerté. 

Le dialogue entre la Cnam et les radiologues pourrait reprendre dès "la fin de l'été", sur la base des résultats de la mission sur les forfaits techniques confiée à quatre personnalités qualifiées (deux noms proposés par la Cnam, deux par les syndicats). Il s'agit de questionner le niveau de ces forfaits, de voir comment ce modèle tarifaire doit évoluer et comment "l'IA doit être appréhendée". 

Parvenir à un accord avant la troisième étape des baisses tarifaires, le 1er janvier 2027, ne sera pas simple, admet à demi-mot Thomas Fatôme, la période d'examen du PLFSS n'étant pas propice à des négociations. "Je pense quand même qu'on ne s'est pas mis complètement dans la meilleure situation pour aboutir à l'automne", a-t-il lancé.

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
Photo de profil de VieuxDoc Attéré
VieuxDoc Attéré
4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Reprenons certains points de cette édifiante intervention. Nos politiques sont en situation de faiblesse budgétaire et économique et la recherche perpétuelle d'un bouc émissaire ( les médecins) devant le naufrage de l'assurance maladie est malsaine et leur permet de sous entendre habilement " ni responsables , ni coupables " Il est dit dans l'article : "la situation financière de l'Assurance maladie est calamiteuse " , ce n'est pas un scoop , c'est en fait la situation financière de l' Etat qui est calamiteuse , l'assurance maladie est la partie émergente de l'iceberg de la dérive des dépenses publiques "je suis allé au maximum de ce que je pouvais proposer " , traduction hors langue de bois = l'Etat est incapable de se réformer et de mieux contrôler ses dépenses en général...Et les recettes de l'Assurance maladie sont aussi à revoir. "il n'est pas question pour l'Assurance Maladie de contrôler chacun des 50000 actes d'imagerie médicale effectués chaque jour " , encore heureux , c'est impossible et quelle sera la pertinence du contrôle ? Ces actes d'imagerie sont le plus souvent utiles au patient , non , enfin j'espère !!! Et les radiologues financent leurs machines , si on leur baisse leurs tarifs , alors leur baisser leurs cotisations URSSAF pour compenser !!! "continuer à dialoguer avec les radiologues " "mesures difficiles " , cela ressemble un peu à un dialogue de sourds , ou le pot de terre contre le pot de fer... Notons cependant que le gouvernement cherche aussi des économies ailleurs , à son crédit , en limitant les arrêts de travail abusifs des fonctionnaires , on attend avec "gourmandise " le résultat des négociations en cours... Il est juste de se faire aussi l'Avocat du diable , quelques bonnes pistes et remarques pertinentes dans cet article , que les médecins peuvent comprendre " le juste soin au juste prix " : bien évidemment , aucun ne s'y opposera , tout comme la proposition de "qualité et de pertinence " et de "référentiels " et la remarque " qui est responsable de quoi ? demandeur ou effecteur ? pression qui règne sur chacun d'eux , etc ". Je le mets au crédit de la CNAM....tout comme la pilule à faire avaler de "baisse des remboursements " Il est probable que notre profession reste capable de réfléchir et de discuter sur les enjeux économiques de la santé , et de faire des efforts , mais il faut du respect et l'arrêt du" médical bashing "permanent , aveu de faiblesse de nos gouvernants , quels qu'ils soient, devant le redoutable problème de la dépense publique , qui , un de ces jours , va nous péter au nez , et dont la campagne présidentielle devrait parler. Autre problème : le premier qui dit la vérité....il sera exécuté ! mais les Français sont prêts à comprendre certaines choses...
Photo de profil de Binocle Lulu
Binocle Lulu
4,1 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 2 mois
Celui-là aussi, on le connaît. Il veut démontrer aux médecins qu'il est gentil et qu'on va trouver un accord. Forcément défavorable pour les médecins. Le scénario classique. Aucun problème, ça va marcher. Il suffit d'un seul gentil syndicat pour signer, ça ne doit pas être si difficile à trouver. J'ai indiqué récemment la seule marche à suivre avant d'entamer tout dialogue avec lui. Mais bien entendu vous ne la suivrez pas. Bon vent. Étape suivante ? Les généralistes coûtent trop cher ?
Photo de profil de FRANCOIS PILON
FRANCOIS PILON
130 points
Chirurgie orthopédique et traumatologie
il y a 2 mois
C’est tellement plus facile de faire baisser les revenus énormes des « salles » médecins radiologues qui s’enrichissent avec les «pauvres malades » qui ne payent rien en dehors des DP pris en charge par leurs mutuelles …. C’est tellement plus politiquement correct !!! La CNAM croit encore que c’est elle qui paie les médecins libéraux !!! Ils sont payés par leur travail ! Qu’ils commencent à rétablir un tiers payant pour les malades ! Ça rendrait plus de considération de la part des patients… quand c’est gratuit ça ne vaut rien…. On ne peut pas faire des économies avec la santé ! On peut diminuer les gaspillages (surtout dans les hopitaux publics…ne serait-ce qu‘en diminuant les examens inutiles… « il faut refaire votre radio parce qu’elle n’est pas dans notre système informatique… » etc etc La CNAM ne prend pas le pb par le bon bout…. Il y a trop d’arrêts maladie… il faut que les médecins contrôleurs de la secu fassent leur boulot au lieu de contrôler les généralistes… ou encore plus simple c’est les médecins de la secu qui prescrivent les arrêts maladie…. À j’oubliai … ils ont trop de travail ! Et ils ne sont pas assez nombreux !!! C’est pas comme les médecins généralistes 🤔
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3