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Affaire Le Scouarnec : une pétition signée par une centaine de médecins réclame des poursuites pénales contre l'Ordre
Une pétition, lancée par un urgentiste retraité et signée par une centaine de médecins, appelle les procureurs du tribunal judicaire de Lorient à s'"auto-saisir" d'une enquête sur les éventuelles responsabilités des conseillers ordinaux ayant validé l'inscription au tableau du pédocriminel Joël Le Scouarnec.
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"Avec l'affaire Joël Le Scouarnec, l'Ordre des médecins français a failli dans la lutte contre la pédocriminalité !", attaque d'emblée la pétition signée par 139 personnes, dont une centaine de médecins, à l'heure où nous écrivons ces lignes. Le texte, rédigé par le Dr Patrick Wiéner, médecin urgentiste retraité, inscrit au tableau de l'Ordre du Morbihan, a été adressé, lundi 5 octobre, aux procureurs du tribunal judiciaire de Lorient. "Nous demandons à la justice de s'emparer enfin de la poursuite des complicités dans cette affaire, comme dans bien d'autres même si elles ont eu moins de retentissement médiatique", insiste le texte.
Si certains conseillers ordinaux comparaissent déjà devant une chambre disciplinaire régionale, le Dr Patrick Wiéner estime que "des condamnations disciplinaires internes ne sont pas à la hauteur de la gravité des crimes perpétrés par ce pédocriminel".
En effet, les signataires s'élèvent contre l'inaction des conseillers ordinaux du Finistère "qui avaient validé l'inscription de ce médecin en 2006 au tableau de leur Ordre alors qu'ils savaient que celui-ci avait été condamné pour détention d'images pédophiles". "Un refus d'inscription au tableau aurait pu briser sa carrière s'ils n'avaient pas voulu protéger inconditionnellement un confrère et une activité chirurgicale hospitalière", dénoncent-ils.
La pétition vise également les CDOM de Charente-Maritime, de Loire-Atlantique, de l'Orne et de la Sarthe qui "ont aussi fermé les yeux sur les antécédents du chirurgien lui permettant son vagabondage médical d'établissement en établissement pour échapper à d'éventuelles poursuites". Les chefs d'établissements dans lesquels à exercer Joel Le Scouarnec, l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Bretagne ainsi que le ministère de la Santé sont également épinglés.
"Nous nous interrogeons sur les suites que vous comptez donner à toutes ces dysfonctions convergentes, et même pourquoi la justice se satisferait de poursuites disciplinaires internes à la profession sous couvert des tribunaux d'exception corporatistes que constituent les chambres disciplinaires de première instance de l'Ordre des médecins", s'interroge le Dr Wiéner. Il demande "à ce que la justice républicaine se saisisse de ces dossiers pour faire la vraie lumière sur les complicités passées, punir les responsables ou les complices de ce massacre intolérable, prendre des dispositions pour contrecarrer ces maltraitances systémiques".
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