Image générée par IA

Image générée par IA

"Ne découragez pas le médecin généraliste d’exercer son métier" : la supplique de MG France aux parlementaires

27/10/2021 Par Pauline Machard
Syndicalisme
Image générée par IA

Image générée par IA

Dans une lettre ouverte aux parlementaires, le syndicat s’insurge contre l’inaction des pouvoirs publics pour restaurer l’attractivité de la médecine générale et contre les décisions prises de  transférer une partie de l’activité des généralistes à d’autres professions, via notamment le dépôt de plusieurs amendements au budget de la Sécurité sociale.  
 

“Rien n’a été fait pour améliorer l’attractivité de ce métier”, déplore le syndicat MG France dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires, ce mercredi 27 octobre. L’organisation rappelle que, “depuis plus de 10 ans, [elle] alerte les pouvoirs publics et souligne les conséquences sur l’accès aux soins de la crise démographique qui touche la médecine générale”.  

“Comment reprocher aux jeunes médecins de ne pas choisir la spécialité médicale qui effectue le plus d’heures de travail et qui est la moins bien rémunérée ? Comment reprocher à de nombreux médecins d’abandonner le statut libéral pour un statut salarié à 35 h, que vous-mêmes leur proposez parfois, faute d’attirer les libéraux dans des maisons médicales dont l’architecture a été décidée sans qu’ils ne se soient manifestés ?”, s’insurge l’organisation.  

“Comment avoir envie de s’orienter vers la seule spécialité médicale que beaucoup d’élus souhaitent contraindre (propositions de lois instaurant une coercition à l’installation) ? Croyez-vous que le généraliste acceptera facilement de voir son rôle cantonné à la rédaction d’interminables certificats, son activité consacrée au suivi complexe de patients poly-pathologiques ou aux consultations la nuit ou les jours fériés, avec un modèle économique où la prise en charge est au même tarif quelle que soit la complexité et la durée du soin ?”, poursuit-elle.  

Le syndicat déplore que, dans ce contexte de difficultés d’accès aux soins sur le territoire, les parlementaires imaginent que le “rôle de médecin généraliste traitant peut-être tenu par un infirmier, un pharmacien ou un kinésithérapeute”, “faute d’avoir suffisamment de bras. Et que “pour cela, vous proposez, quand ce n’est pas le ministère lui-même, un catalogue d’amendements présentés comme des solutions palliatives”. Visés notamment, sans être cités expressément, les amendements au PLFSS pour 2022 facilitant l’accès aux kinésithérapeutes et orthoptistes sans ordonnance, l’ouverture de la primo-prescription aux IPA à titre expérimental…  

Pour MG France, “bien sûr, un vaccin peut être administré par un pharmacien, bien sûr un traitement peut être surveillé par un infirmier et une lombalgie prise en charge par un kinésithérapeute. Mais cela suppose que le diagnostic soit fait, ce qui est le rôle essentiel du médecin. Un symptôme en apparence banal comme une douleur lombaire peut être le signe d’une maladie grave. Ce diagnostic est suivi d’une orientation thérapeutique et d’un parcours de soins. Chaque professionnel de santé trouve ainsi sa place dans ce parcours initié et coordonné par le médecin traitant”.  

L’organisation demande donc aux parlementaires “de repousser les amendements qui désorganisent nos missions et vont à l’encontre d’un parcours de soins coordonné entre tous les professionnels de santé”. Prônant ainsi un “système de santé organisé, efficace et cohérent”. “Ne découragez pas le médecin généraliste d’exercer son métier”, conclut la lettre ouverte.  

  

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3