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Après la grève de janvier, 80 % des médecins sont prêts à se remobiliser, selon une enquête
Le syndicat Jeunes Médecins publie les résultats d'une grande enquête nationale, dans le prolongement de la mobilisation contre la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Ils révèlent une profession "épuisée" mais toujours "mobilisée".
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Dans le prolongement de la mobilisation suite à la loi de financement de la Sécurité sociale, Jeunes médecins a lancé le 16 janvier dernier une grande enquête nationale afin de "mesurer l'état d'esprit de la profession", "d'objectiver les attentes des praticiens" et "d'identifier les leviers de sortie de crise". Au total, 1 363 médecins ont répondu à cette enquête en ligne, qui s'est clôturée au mois de mars. Parmi eux, 77 % de libéraux.
Pour rappel, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale avait suscité une vive opposition de la profession en raison d'articles controversés (baisses de tarifs de certains actes par décret, surcotisation des dépassements d'honoraires, obligation d'alimenter le DMP sous peine de sanction…). Si la plupart de ces mesures ont été écartées – ou censurées – du texte final, la profession reste sur ses gardes.
Parmi les 1 363 répondants au sondage de Jeunes médecins, 79,8 % se disent ainsi prêts à se remobiliser (78,7 % avaient fait grève) si aucune réponse structurelle n'est apportée. "L'enquête confirme que la contestation a dépassé les cercles militants habituels", constate Jeunes médecins, pour qui ces résultats démontrent aussi que le "malaise médical n'est ni marginal ni conjoncturel". La profession est "en état d'alerte", affirme le syndicat, mais aussi en état d'épuisement.
D'après le sondage, 83,7 % des répondants estiment, en effet, que le contexte politique actuel a un impact négatif sur leur santé mentale ou leur risque de burn-out. Un indicateur alarmant car "une profession en épuisement massif fragilise en silence l'ensemble du système de soins", met en garde Jeunes médecins qui demande que la santé mentale des médecins soit "reconnue comme un sujet de politique publique à part entière".
L'enquête montre, par ailleurs, une défiance accrue envers les institutions. La majorité des répondants déclarent, en effet, ne faire confiance ni au dialogue engagé avec le Gouvernement (69,5 %) ni au dialogue avec l'Assurance maladie (75,7 %). "Cette rupture fragilise toute perspective de négociation si aucun signal politique fort n'est envoyé. Sans geste de réassurance crédible, aucun accord ne pourra être signé ni tenu", prévient le syndicat.
Un chiffre "illustre la profondeur de la rupture" : "53,3 % des répondants estiment que la démission du directeur de l'Assurance maladie constituerait un signal nécessaire pour renouer la confiance", note Jeunes médecins, alors que le dialogue entre les partenaires conventionnels a repris fin février.
L'enquête révèle des "attentes profondes de réforme" : "suppression ou refonte de l'Optam (52,2 %), harmonisation des bases de remboursement AMO (65,7 %), réforme du management hospitalier (69 %), assouplissement de l'exercice mixte (59 %)", liste le syndicat.
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