Hépatite D : des co-infections possibles avec des virus variés

17/05/2019 Par Marielle Ammouche
Hépato-gastro-entérologie
Le virus de l’hépatite D ne se suffit pas à lui-même. Il est ainsi connu depuis longtemps qu’une co-infection avec le virus de l’hépatite B est nécessaire à son développement dans la cellule. Et il est incapable d’infecter seul d’autre cellules.

Cela est dû au fait que son génome ne contient pas les gènes nécessaires à la production d'une enveloppe virale, élément clé pour sortir de la cellule et en infecter d'autres. En conséquence, sur le plan clinique, les symptômes sont plus marqués que pour une hépatite B seule. Il est donc apparu nécessaire à François-Loïc Cosset, directeur de recherche CNRS, au Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI, CNRS/ENS Lyon/Université Claude Bernard - Lyon 1/Inserm), et à son équipe, d’en savoir plus sur la physiopathologie de cette infection. Ils ont donc mené une étude, soutenue par l'ANRS et le LabEx Ecofect, qui s’est focalisée sur l'utilisation par le VHD de l’enveloppe d'autres virus que celle du VHB, et en particulier le VHC et celui de la dengue. Les chercheurs ont alors montré in vitro que le VHD est capable d’utiliser les enveloppes de ces autres virus - qui eux ont la capacité de former des enveloppes - pour se propager. Ces nouvelles co-infections permettent la production de VHD fonctionnel et infectieux. Les chercheurs ont ensuite voulu valider ces données in vivo, chez la souris, en utilisation le VHC, un virus qui est pourtant d’une famille différente de celle du VHD. Or les résultats ont été positifs, ce qui a mis en évidence la capacité du VHD à utiliser des enveloppes de virus variés pour créer des particules virales infectieuses. Les chercheurs concluent que « le VHD est capable d'être le satellite de virus de familles différentes du VHB, ce qui ouvre la possibilité qu'il puisse s'associer avec d'autres virus humains. Ainsi, des nouveaux scénarios de pathogénèse et des modes de transmission différents, jusqu'à présent inenvisageables, sont possibles et doivent être recherchés." Les chercheurs souhaitent dorénavant vérifier ces données sur des patients issus de cohortes afin de saisir l'ampleur de ce mécanisme chez l'humain.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2