Infarctus : un tiers d'hospitalisations en moins pendant le confinement

23/09/2020 Par Sandy Bonin
Cardio-vasculaire HTA
Les quatre premières semaines du confinement ont été marquées par une baisse des hospitalisations pour crise cardiaque de l'ordre de 30%. La réticence à appeler les services d'urgence mais aussi la baisse du stress et de la pollution de l'air pourraient expliquer ce phénomène, selon une étude publiée dans The Lancet Public Health. 

Les 21 hôpitaux examinés, répartis dans toute la France, ont admis 481 patients dans les 48 heures suivant un infarctus du myocarde entre le 16 mars et le 12 avril, contre 686 au cours des quatre semaines précédentes.  

La baisse des admissions a été soudaine à partir du confinement, entré en vigueur le 17 mars, et non progressive, et le nombre d'admissions est ensuite resté globalement stable au cours des quatre semaines étudiées, sans "phénomène de rattrapage", observent les auteurs de l'étude. Cette diminution a été observée partout sur le territoire, dans les régions fortement touchées par le Covid-19 comme dans celles qui l'ont moins été, soulignent-ils.  

D'autres études menées notamment aux Etats-Unis, en Italie et en Espagne font aussi état de réductions allant de 20% à plus de 50% des hospitalisations pour crise cardiaque, entre cette même période de mars-avril 2020 et la période précédant la crise sanitaire, ajoutent-ils.  

"L'explication la plus probable" est que "les patients confrontés à une douleur persistante dans la poitrine ou à des symptômes évocateurs de l'infarctus du myocarde ont été réticents à appeler les services d'urgence (...) par peur d'être amenés dans des hôpitaux recevant aussi des patients atteints de Covid-19 ou par peur d'ajouter au travail" des soignants surchargés, analysent les auteurs. "Ces inquiétudes ont pu être amplifiées par le message invitant les gens à rester chez eux", ajoutent-ils.  

Toutefois, ils estiment que la baisse des hospitalisations "pourrait aussi refléter une vraie réduction du nombre d'infarctus du myocarde" dans les premières semaines du confinement, "possiblement liée à la réduction de facteurs déclenchants" connus comme la pollution de l'air, l'activité physique et le stress professionnel. "Les autorités sanitaires devraient être pleinement conscientes des risques liés au non-recours aux services de santé par les patients (...) et diffuser les messages de santé publique adéquats en cas de poursuite de la pandémie de Covid-19 ou si une deuxième vague ou une épidémie comparable se produit dans le futur", concluent-ils. 

[Avec AFP] 

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