72 heures de travail cumulées en une semaine pour un médecin : le CHU d'Amiens mis en demeure

13/09/2022 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
Le syndicat Jeunes médecins annonce avoir mis en demeure le CHU d'Amiens pour non-respect de la législation relative au temps de travail des personnels hospitaliers. Il reproche à la direction d'avoir assigné une garde aux urgences à un praticien qui avait déjà dépassé le plafond hebdomadaire de 48 heures.

  Dimanche 11 septembre, le syndicat Jeunes médecins dit avoir été alerté par un neurologue du CHU d'Amiens qui venait d'être assigné par la direction pour une garde aux urgences le soir-même. Problème : le praticien avait déjà enchainé sa semaine de consultations avec une garde le vendredi, précise un représentant du syndicat sur France bleu. Cette nouvelle assignation a porté ainsi à "plus de 72 heures son temps de travail effectué la semaine dernière", pointe le syndicat dans un communiqué diffusé lundi. "Compte tenu de l’impact physique et psychologique d’une telle charge de travail pour les médecins et les internes, et compte tenu des risques inhérents pour les patients", Jeunes médecins a décidé de mettre en demeure l'établissement pour non-respect de la législation relative au temps de travail des praticiens hospitaliers, qui fixe le plafond à 48 heures hebdomadaires.

Interrogé par France Bleu, la direction du CHU rappelle que si la législation impose en effet de ne pas dépasser 48 heures de travail hebdomadaire, cette durée s'apprécie "de manière mensualisée et lissée sur 4 mois". Elle justifie l'assignation par les difficultés rencontrées par le service des urgences adultes, qui a dû mettre en place un filtrage. Dans ce contexte, la CME a instauré une "participation obligatoire" des gardes pour les chefs de cliniques et assistants de l'établissement. "La majorité des CCA et assistants s’est portée volontaire. Les autres ont été invités à rapidement proposer des dates afin de tenir compte de leur emploi du temps et de leurs disponibilités. La plupart d’entre eux l’ont déjà fait ou se sont engagés à le faire", précise le CHU. Cet été, les syndicats représentatifs des internes en médecine (Isnar-IMG et Isni) se sont unis pour mener une action d'ampleur, en mettant en demeure 400 établissements hospitaliers de respecter la réglementation et de décompter le temps de travail. [avec FranceBleu.fr]

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