Techniques d’allongement du pénis : balance bénéfice/risque négative, selon une méta-analyse

20/05/2019 Par Marielle Ammouche
Urologie
Les techniques visant à accroitre la taille du pénis n’ont pas prouvé leur efficacité et peuvent engendrer des complications importantes, rapporte une étude réalisée par des chercheurs britanniques, qui incitent donc à la prudence dans ce domaine.

De multiples techniques existent pour accroitre la taille et la circonférence du pénis. Elles sont chirurgicales (section du ligament suspenseur de la verge, greffe de derme, de tissus..), par injections (acide hyaluronique, graisse, silicone..), ou mécaniques (pompes, extenseurs…). Cependant, les études fiables permettant d’évaluer leur efficacité font défaut. C’est pourquoi ces auteurs londoniens ont mené une revue systématique de la littérature sur ce sujet. Les études devaient porter sur au moins 10 cas et ne concerner que les hommes ne présentant pas d’anomalie pénienne. Les critères pris en compte comportaient la satisfaction du patient, l'augmentation de la taille du pénis et les éventuelles complications liées au traitement. Au total, 17 études ont été incluses, portant sur 1 192 hommes. Et 21 types d’intervention ont été analysés dans ces études. Globalement,  la qualité des études a été jugée par les auteurs "médiocre en termes de méthodologie de sélection des patients et d'évaluation des résultats". Et ce d’autant plus que la grande majorité des patients rapportaient une taille de pénis considérée comme normale. "En plus des risques physiques, beaucoup d'hommes dépensent d'importantes sommes d'argent ce qui, en cas de résultat décevant, peut accroître de façon significative leur sentiment de honte et leurs problèmes psychologiques, alors qu'ils n'avaient aucun problème physique au départ", souligne Gordon Muir, urologue au King's College Hospital (Londres) et coordonnateur de l'étude, interrogé par l'AFP. Plus précisément, les extenseurs péniens augmentaient la longueur de moins de 2 cm ; alors que les pompes ne montraient aucune efficacité sur ce critère. Les traitements par injection permettaient un accroissement de la circonférence mais étaient associés à un "taux de complications élevé". Les interventions chirurgicales (principalement incision du ligament suspenseur) entrainaient une augmentation significative de la taille du pénis ; mais là encore, "les complications n'étaient pas rares".

De plus, "aucune vérification indépendante" des déclarations des participants n'a été effectuée, insiste Gordon Muir, ce qui affaiblit considérablement les conclusions des études concernées.
Les auteurs soulignent enfin l’importance de l’aspect psychologique "lorsqu‘ils étaient fournis, les conseils se sont avérés efficaces et la majorité des hommes comprenaient que leur pénis était normal et ne souhaitaient subir aucun autre traitement". Le suivi fait aussi fréquemment défaut. Parmi les presque 1200 sujets inclus dans cette méta-analyse, seuls 773 ont fait l’objet d’un suivi après le traitement, qu’il soit non chirurgical (n = 248) ou chirurgical (n = 525). Au vu de ces données, montrant que les preuves sont "rares et de faible qualité", les auteurs considèrent que "les injections et les traitements chirurgicaux devraient rester une dernière option, considérée comme contraire à l'éthique en dehors des essais cliniques". D'après une étude englobant plus de 15 500 hommes publiée en 2015, également par des chercheurs du King's College, la longueur moyenne d'un pénis est de 9,16 cm au repos et de 13,12 cm en érection, et sa circonférence, toujours en moyenne, passe de 9,31 cms au repos à 11,66 cms en érection.

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