Prédire l’insuffisance rénale terminale sur la base des variations de l’albuminurie

14/02/2019 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie

L’albuminurie, on l’a vu, est un critère intermédiaire très plausible sur le plan biologique pour évaluer la progression de l’insuffisance rénale. Le même groupe international qui a effectué la méta-analyse sur les études longitudinales propose, dans le même numéro de Lancet Diabetes Endocrinology, les résultats d’une méta-analyse des essais randomisés contrôlés afin de vérifier si ce qui avait été observé pour les variations de l’albuminurie était confirmé quant à leurs capacités à prédire la survenue de l’insuffisance rénale terminale. La méta-analyse a porté sur les essais cliniques d’intervention. 41 études étaient éligibles. Il s’agissait d’études randomisées qui ont porté en tout sur 29 979 participants dont 71 % avaient un diabète. Sur un suivi médian de 3.4 années, 3 935 (13 %) des participants ont atteint le critère principal clinique composite (insuffisance rénale terminale traitée, taux de filtration glomérulaire estimé < 15 ml/min/1.73 m2 ou doublement de la créatininémie) avec une pente de régression de 0.89. Chaque diminution de 30 % de l’albuminurie moyenne sous l’effet d’un traitement, en comparaison des témoins, était associée à une réduction moyenne de 27 % du risque d’atteindre le critère clinique composite. L’association se renforçait après restriction des analyses aux patients ayant une albuminurie basale > 30 mg/g. Pour les futurs essais cliniques, le modèle prédit que les traitements capables de diminuer l’albuminurie moyenne à 0.7 (c’est-à-dire une diminution de 30 % de l’albuminurie) en comparaison des témoins auront un hazard ratio moyen pour le critère composite clinique de 0.68. Ces résultats confirment le rôle de la variation de l’albuminurie comme critère intermédiaire vers la progression de l’insuffisance rénale chronique, particulièrement chez les patients ayant une albuminurie basale élevée.

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2