Covid : le remdesivir non recommandé par l’OMS

20/11/2020 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas administrer de remdesivir aux malades du Covid-19 hospitalisés, du fait que ce traitement n’a pas prouvé son efficacité sur la mortalité ou les formes graves de la maladie, a-t-elle annoncé vendredi.
 

« Le médicament antiviral remdesivir n'est pas conseillé pour les patients admis à l'hôpital pour le Covid-19, quel que soit le degré de gravité de leur maladie, car il n'y a actuellement pas de preuve qu'il améliore la survie ni qu'il permette d'éviter d'être placé sous ventilation artificielle », détaille ainsi le communiqué de l'OMS. Elle s'est prononcée après l'avis de son panel d'experts, dont les conclusions sont publiées dans la revue médicale BMJ. Ces derniers soulignent « la possibilité d'importants effets secondaires » de ce médicament, de même que « son coût relativement important et ses implications logistiques », puisqu' « il doit être administré par intraveineuse ». Le remdesivir (Veklury, Gilead) est devenu le 3 juillet le premier médicament contre le Covid à recevoir une autorisation de mise sur le marché européen conditionnelle. En Europe, Veklury est ainsi indiqué pour le traitement de la maladie Covid-19 chez les adultes et les adolescents (âgés de 12 ans et plus et pesant au moins 40 kg) présentant une pneumonie nécessitant une oxygénothérapie. Pour autant, il suscite plus d'enthousiasme en Amérique du Nord que sur le Vieux continent. En France, la Haute autorité de Santé (HAS) a jugé que son SMR était « faible ». Par ailleurs, l'Agence européenne du médicament (EMA) a indiqué le 2 octobre qu'elle allait étudier des signalements selon lesquels des « problèmes rénaux aigus » pourraient être liés à la prise de remdesivir.

Les experts de l'OMS ont basé leurs conclusions sur l'analyse de quatre essais cliniques internationaux comparant l'efficacité de différents traitements et portant sur plus de 7 000 patients hospitalisés pour le Covid-19. Une étude rendue publique mi-octobre et menée dans plus d'une trentaine de pays avec le soutien de l'OMS concluait déjà que le remdesivir n'avait pas prouvé de bénéfices en termes de réduction de la mortalité. Selon une étude parue fin mai dans la revue américaine New England Journal of Medicine, il réduit en revanche légèrement la durée de rétablissement des malades du Covid-19 hospitalisés (de 15 à 11 jours en moyenne). Les experts de l'OMS soulignent qu'on ne peut pas dire à ce stade que le remdesivir n'a aucun bénéfice. Mais le fait que son efficacité n'ait pas été prouvée, conjugué à ses inconvénients (possibles effets secondaires et coût) les conduit à ne pas le recommander. Pour l'instant, les corticoïdes (dont la dexaméthasone) sont le seul traitement qui a permis de réduire la mortalité due au Covid-19 chez certains sujets. L'OMS a recommandé leur « usage systématique chez les patients atteints d'une forme sévère ou critique ».   Gilead souligne des « données robustes » Suite aux recommandations de l’OMS, Gilead a souhaité rappeler que « Veklury (remdesivir) est reconnu comme le soin standard pour le traitement des patients atteints de Covid-19 hospitalisés par de nombreuses organisations nationales crédibles telles que l’US National Institutes of Health and Infectious Diseases of America, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Ces recommandations sont basées sur des données robustes, issues de plusieurs essais cliniques randomisés et contrôlés, publiés dans des revues scientifiques revues par des pairs, qui montrent les bénéfices cliniques de Veklury tels qu’un rétablissement significativement plus rapide permettant ainsi de libérer des lits d’hospitalisation ». Le laboratoire regrette que les recommandations de l’OMS ne prennent pas en compte ces données « alors même que le nombre de nouveaux cas augmente considérablement au niveau mondial et que les médecins recourent à Veklury, premier et seul traitement autorisé contre le Covid-19 dans plus de 50 pays dans le monde ».   

Approuvez-vous la proposition de l'Assurance maladie de dérembourser les prescriptions des médecins déconventionnés ?

Jean-Marc Juvanon

Jean-Marc Juvanon

Non

Il est évident que le "consentement à l'impôt", en l'occurrence les cotisations sociales obligatoires, va etre remis en cause. En ... Lire plus

0 commentaire
3 débatteurs en ligne3 en ligne





 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

La Revue du Praticien
Addictologie
Effets de l’alcool sur la santé : le vrai du faux !
20/06/2024
0
Podcast Vie de famille
Le "pas de côté" d'un éminent cardiologue pour comprendre le cheminement de son fils apprenti chamane
17/05/2024
0
Rémunération
"Les pouvoirs publics n'ont plus le choix" : les centres de santé inquiets de l'avenir de leur modèle...
07/05/2024
3
Infirmières
Les infirmières Asalée sauvées?
16/04/2024
3
La Revue du Praticien
Pneumologie
Asthme de l’enfant avant 3 ans : une entité particulière
19/04/2024
0
Santé publique
Ce qui se cache derrière la hausse inquiétante de l'infertilité
13/03/2024
17