Pénurie d’internes en pédiatrie : pour Buzyn c’est la faute aux enseignants en MG

24/10/2019 Par Marion Jort
Devant la pénurie d’internes dans les services de pédiatrie d’Ile de France et suite à un incident “constitutif d’une atteinte au principe d’égalité”, les stages des internes franciliens en médecine générale ont été annulés par l’ARS. Pour Agnès Buzyn, la faute revient aux enseignants et non au ministère.  

Je suis agacée de cette décision que j’ai découverte”. Visiblement remontée, la ministre de la Santé n’a pas mâché ses mots, invitée sur le plateau de Public Sénat lundi 21 octobre, à propos de la situation complexe des internes en médecine générale d’Ile de France qui ont vu leurs stages annulés par l’ARS Ile de France suite à un problème “constitutif d’une atteinte au principe d’égalité” dans la procédure. 

Une décision qui intervient alors que plusieurs chefs de services de pédiatrie avaient alerté sur un risque de “crise sanitaire” à cause d’une mauvaise répartition de ces internes dans leurs services avant la période hivernale. 

Très mal reçue auprès des internes, la décision de l’ARS à, depuis, fait couler beaucoup d’encre. Les syndicats dénoncent une décision prétexte. Or la ministre a repoussé toute responsabilité du ministère dans cette situation et accuse directement les enseignants.  “Ce n’est pas vraiment une erreur administrative. Ce sont les enseignants qui répartissent les postes d’internes et notamment les enseignants de médecine générale à Paris qui se sont trompés dans les chiffres”, a-t-elle ainsi affirmé. “Ils en ont mis trop dans le centre de Paris et pas assez dans la couronne. L’administration tient compte des organisations proposées par les enseignants et n’a pas vu l’erreur.” La ministre explique ainsi avoir d’abord demandé de revenir sur le choix des internes, “mais juridiquement, c’était prendre un risque énorme”, reconnaît-elle. Et d’évoquer ensuite les 500 euros de primes accordées aux internes qui accepteront de changer de stage pour aller en grande couronne. “Cela va donc coûter de l’argent de réparer cette erreur”, l’interrompt la journaliste. La réponse est sans appel pour la ministre : “Oui, je peux vous dire que je suis extrêmement en colère. Il y a des responsables. J’ai demandé des explications parce que franchement nous mettre dans l'embarras, alors que les urgences sont en difficulté, alors que la pédiatrie manque de professionnels… Je trouve vraiment que cela tombe particulièrement mal. Il se trouve que ce n’est pas stricto sensu la responsabilité du ministère”, conclut-elle.    

Les enseignants furieux lui répondent 

Dans un communiqué, le Syndicat National des Enseignants de Médecine Général (SNEMG), a tenu à lui répondre pour nier toute responsabilité. “Mme la Ministre ignore visiblement que les enseignants de médecine générale ne sont qu’une des composantes de la commission de répartition des postes des stages hospitaliers et que la répartition finale est le fruit de l’arbitrage effectué par l’ARS. Mme la Ministre ne semble pas non plus informée que l’alerte émise par les enseignants de médecine générale dès le mois de septembre sur ces choix n’a pas été entendue par l’administration. Elle ignore également que leur demande de mieux organiser les choix s’est heurtée à des oppositions d’ordre juridique déconnectées de la réalité́ des besoins”, écrivent-ils.  

Ils rappellent également les enseignants de médecine générale sont à l’heure actuelle très insuffisante et loin derrière d’autres disciplines. Ils appellent ainsi Agnès Buzyn à engager un plan de nomination pour “rendre la médecine générale plus attractive”.  

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

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