Plus de permanence des soins après 20 heures… à la demande de l'ARS

03/01/2019 Par Aveline Marques
Système de santé

Les médecins du Pays de Caux (Seine-Maritime), qui assuraient jusqu'au 1er janvier des gardes de 20 heures à minuit, sont désormais priés de s'abstenir. Le CDOM dénonce une situation "ubuesque".

Dans ses rêves les plus fous, le président Macron voudrait voir les médecins de ville assurer la prise en charge des soins non programmés "jusqu'à 22 heures". "Ce serait formidable si on pouvait trouver un accord", lançait-il lors de son discours de présentation de la réforme de la santé, en septembre dernier. C'est râpé pour le Pays de Caux. Alors que les médecins généralistes libéraux de l'association AMY.URG (association médicale yvetotaise pour les urgences) assuraient jusqu'ici une permanence des soins de 20 heures à minuit en semaine, ainsi que le week-end, ils sont désormais priés de réduire la voilure. A la demande de l'ARS et de l'Union régionale des médecins libéraux, la permanence des soins s'arrête désormais à 20 heures en semaine, et se limite aux créneaux 12h-20h le samedi et 8h-20h le dimanche. Une décision, justifiée par l'harmonisation des pratiques entre les anciennes régions de Haute et de Basse-Normandie, que regrettent les médecins d'AMY.URG ainsi que le CDOM de Seine-Maritime. "Notre département représente 40% des généralistes normands et 40% des habitants de notre région, souligne dans Le Courrier cauchois le vice-président du CDOM, le Dr Pierre Hurtebize, en charge de la permanence des soins. Dans un sondage, nos confrères seinonais étaient à 80% favorables pour maintenir la garde en semaine entre 20 heures et minuit. Mais on nous a clairement dit que l'acte ne serait plus payé à la même hauteur et que nous prenions un risque juridique." Rappelant qu'un passage aux urgences est facturé en moyenne 165 euros et qu'il donne lieu, dans 60% des cas, à une simple prescription qui aurait pu faite par un généraliste, le représentant ordinal doute sérieusement des économies qui seront ainsi réalisées. Alors que "dans le même temps l'ARS s'inquiète du trop-plein dans les services d'urgence", le médecin qualifie la situation d'"ubuesque". [avec Lecourriercauchois.fr]

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Marie GILARDI

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