Le guide de la HAS pour prescrire du sport

17/10/2018 Par Marielle Ammouche
Santé publique

Les bénéfices d'une activité physique adaptée sont largement supérieurs aux risques, estime la Haute autorité de santé, qui publie un guide pour faciliter la prescription par les médecins de sport pour leurs patients, y compris cardiaques ou diabétiques.

 

La loi de modernisation du système de santé de 2016 prévoit la prescription d'activité physique par les médecins traitants à leurs patients atteints de maladie chronique. L'intérêt ? Selon une étude en Suède (programme "Suède en mouvement"), l'activité physique prescrite par le médecin est aussi bien suivie que celle d'un médicament. Mais les médecins français, bien qu'encouragés par la loi, hésitent à y recourir, craignant des accidents cardiovasculaires par exemple. C’est pourquoi, pour aider les médecins "à promouvoir l'activité physique auprès de leurs patients, à mener une consultation ciblée et à prescrire une activité physique adaptée à l'état de santé du patient", la HAS publie un guide et des outils pratiques qui comprennent :

  • un socle de connaissances générales sur l'activité physique et ses impacts sur la santé ;
  • le déroulé d'une consultation d'activité physique accompagné des outils pratiques (grilles, questionnaires, repères);
  • des grilles d'évaluation du risque cardiovasculaire des patients ;
  • des référentiels d'aide à la prescription d'activité physique pour les patients atteints de l'une des 6 pathologies suivantes : Bpco, maladie coronaire stable, HTA, obésité, diabète de type 2 et AVC.

L'activité physique modérée n'est jamais absolument et définitivement contre-indiquée, souligne l'autorité de santé. C'est la sédentarité qui tue : 2 millions de morts par an dans le monde, selon l'OMS. L'activité physique réduit le risque de mortalité toutes causes confondues. Elle est même indiquée pour prévenir certains cancers (sein, colon, prostate ...). Elle réduit les risques de pathologie cardiovasculaire, de diabète de type 2, ainsi que les symptômes dépressifs et anxieux. Pourtant, seulement 53% des femmes et 70% des hommes atteignent les recommandations de l'OMS en termes d'activité physique (2h30 d'activité d'intensité modérée comme la marche ou le vélo réparties sur 3 à 5 jours par semaine), selon une enquête de Santé publique France de 2014. Les risques de l'activité physique sont essentiellement l'accident cardiovasculaire et les blessures musculo-squelettiques. C'est pourquoi les patients à risque doivent bénéficier d'une consultation médicale d'activité physique complète, avec un interrogatoire, un examen physique, une évaluation des risques et au besoin des examens complémentaires. Ainsi, le test d'effort est recommandé pour les seuls patients à risque cardiovasculaire élevé qui envisagent une activité sportive intense.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2