Journées européennes de la SFC : Les apports du registre français Disco dans la dissection coronaire

02/02/2018 Par Corinne Tutin
Cardio-vasculaire HTA

Le registre Disco, le plus important au monde dans la dissection coronaire apporte de nombreuses informations sur les caractéristiques de cette maladie coronaire de la femme jeune.  

En juin 2016 était créé un registre français prospectif sur la dissection des artères coronaires, le French registry of DISsection COronaire spontanée (Disco). "Initialement, 200 patients devaient être inclus. En fait, 320 patients (dans 96 % des cas des femmes) l’ont été en 20 mois Et, 400 inclusions sont prévues pour l’été 2018. Ce qui fera de Disco la plus grosse série mondiale devant celle du Pr Jacqueline Saw à l’hôpital universitaire de Vancouver", s’est félicité le Pr Pascal Motreff (CHU de Clermont-Ferrand), centre coordonnateur de ce registre.
Cet engouement s’explique par le fait que cette affection cardiovasculaire à prédominance largement féminine est mal comprise. "Or, elle est loin d’être, comme on l’a longtemps dit, exceptionnelle", a signalé le Pr Motreff. "Lorsqu’on analyse des registres comme celui de Clermont-Ferrand, on voit ainsi que la dissection coronaire représente certes seulement 1 % des cas de patients ayant eu une coronarographie pour suspicion d’infarctus du myocarde mais 3,5 % des syndromes coronaires aigus (SCA) chez les femmes, 11 % de ceux des femmes de moins de 60 ans, 30 % de ceux des femmes de moins de 60 ans avec au plus 2 facteurs de risque cardiovasculaire" (1). "Ces dissections peuvent être favorisées par un stress. Mais, contrairement à une notion répandue, surviennent rarement lors du post-partum : moins de 5 % des situations". Fort heureusement, la diffusion du dosage de la troponine et de l’imagerie endocoronaire permettent de reconnaître actuellement un nombre croissant de cas.   Rechercher une dysplasie fibrosante   La maladie met en jeu des facteurs génétiques et est souvent associée à une dysplasie fibromusculaire, qui touche elle aussi à 95 % des femmes de moins de 50 ans. Le registre DISCO permettra de rechercher cette dysplasie fibromusculaire par imagerie non invasive des artères rénales et iliaques et des troncs supra-aortiques. Le pronostic était réputé sévère, mais la mortalité semble moindre actuellement (moins de 5%). "La nature étant le meilleur stent", le traitement doit être en règle conservateur (pas d’angioplastie, pas de pontage), l’hématome intrapariétal à l’origine de la dissection pouvant peu à peu se résorber. La prescription de bêta-bloquants et d’anti-agrégants plaquettaires est aussi souvent proposée. 

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