Un logement précaire augmente le risque d’hospitalisation du patient diabétique

17/05/2018 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie
Le fait de vivre « sans abri » est associé à un moins bon contrôle du diabète. Qu’en est-il de la relation entre un logement précaire et le diabète ?

Pour y répondre, une équipe américaine s’est ainsi intéressée aux relations entre le logement précaire et le risque de passage aux urgences ou d’hospitalisation en relation avec le diabète. Ils ont pour cela utilisé les données d’une enquête transversale représentative au plan national des patients qui recevaient des soins dans des centres de santé fédéraux, enquête menée en 2015. Tous les adultes âgés de plus de 18 ans qui n’étaient pas sans abri et qui avaient un diabète ont été inclus. Le logement précaire était défini comme le fait de ne pas avoir assez d’argent pour louer un logement, obligeant à changer de logement plus de 2 fois dans les 12 derniers mois ou à vivre dans un logement que les personnes ne possédaient pas ou ne louaient pas. Le critère d’évaluation principal était les visites aux urgences ou les hospitalisations en rapport avec le diabète dans les 12 derniers mois. Ils ont aussi examiné le recours aux assistantes sociales afin d’améliorer le logement. Sur les 1087 participants représentatifs de 3 277 165 adultes diabétiques, 37 % vivaient en logement précaire. Globalement, 13.7 % des participants ont signalé une visite aux urgences en relation avec le diabète ou une hospitalisation en rapport avec le diabète dans l’année précédente. En analyse de régression logistique ajustée pour les facteurs de confusion potentiels, le logement précaire était associé avec un risque supérieur de visites aux urgences ou d’hospitalisations pour des raisons liées au diabète avec un odds ratio ajusté de 5.17 (IC 95 % = 2.08-12.87). Seuls 0.9 % des patients qui avaient un logement précaire ont rapporté avoir été aidés par des assistantes sociales pour leur logement au moment de leur passage à l’hôpital. Aux Etats-Unis, mais c’est également vrai en Europe et en France, le logement précaire est fréquent et associé à une augmentation du risque de passage aux urgences ou d’hospitalisations pour des raisons liées au diabète. Chez ces patients vulnérables, il faut non seulement prendre en charge le diabète mais également en profiter pour améliorer les conditions de logement.

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