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"Je n'en peux plus, je m'arrête" : confidences d'une vaccinatrice au bout du rouleau

Les maladies infectieuses et la vaccination, ça la connait. Médecin généraliste depuis 35 ans, le Dr Françoise Louis a exercé en cabinet, en centre de vaccinations internationales, en service de maladies infectieuses et tropicales et au sein d'ONG où elle a pris en charge des patients atteints de tuberculose et de VIH. "C'est vous dire si je suis pro-vaccin", nous signale-t-elle. Mais la campagne de vaccination française contre le Covid aura eu raison d'elle : trop de tergiversations, trop d'incertitudes, trop d'agressivité de la part des patients. "En burn out", cette généraliste remplaçante a décidé de prendre une "pause" de deux semaines. Elle se confie à Egora.

 

"J'ai commencé à vacciner dès le début de la campagne, il y a trois semaines. Au total, j'ai dû vacciner une cinquantaine de personnes. Puis le ministère nous a informés qu'on n'aurait pas de flacon cette semaine, alors que 33 vaccinations étaient prévues ce samedi… sans compter les plus de 40 personnes sur liste d'attente. Dans l'urgence, on a dû reporter ces rendez-vous. Et lundi, avec la suspension du vaccin, on les a finalement annulés…

Cette suspension a un gros impact. La semaine dernière, on avait plein de demandes de vaccinations, et depuis lundi, zéro. Ce que l'on craint, c'est que les gens ne veillent plus se faire vacciner, ni avec AstraZeneca, ni avec le vaccin Johnson et Johnson qui va arriver. Je les comprends : leurs doutes sont légitimes étant donné les informations qui circulent, même si ce n'est pas fondé scientifiquement… Il y a un manque flagrant de confiance dans la stratégie vaccinale. Une incompréhension totale.

Depuis un an, nous recevons l'angoisse des gens. Ils déchargent leur agressivité sur nous, nous sommes leur punching-ball. Alors à un moment, on n'en peut plus.

Ce n'est pas uniquement la charge de travail, mais l'effort qu'il faut fournir pour leur répondre, pour trouver du rationnel là où il n'y en a n'a pas forcément. Ça a commencé par les masques. J'ai travaillé dans la prise en charge de la tuberculose : bien sûr que les masques servent à quelque chose ! J'ai toujours essayé de recentrer sur le rationnel, je lis Jama, The Lancet pour pouvoir m'appuyer sur les données scientifiques.

Mais il y a un tel problème de communication de la part du Gouvernement…

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