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Un jeune infectiologue écope d'un avertissement pour des propos anti-confraternels envers le Pr Perronne

26/10/2022 Par Aveline Marques
Déontologie
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Blanchi par la chambre disciplinaire de première instance de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France dans l'affaire l'opposant au Cnom, le Pr Christian Perronne est également sorti vainqueur du conflit qui l'opposait à son confrère infectiologue de l'hôpital Bichat (AP-HP), le Dr Nathan Peiffer-Smadja. Cible d'une campagne de cyberharcèlement menée par les soutiens de l'ancien chef de service, ce jeune médecin a lui-même écopé d'un avertissement… pour propos anti-confraternels. Sur Twitter, cette sanction a déclenché une vague de soutiens. 

 

"Lunaire", "catastrophique"… Les deux décisions rendues vendredi 21 octobre par la chambre disciplinaire de première instance de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France ont surpris bon nombre de praticiens sur Twitter. Toutes deux favorables au très controversé Pr Christian Perronne, l'une a conduit au rejet de la plainte du Cnom pour manquements au code de déontologie, l'autre à la sanction d'un jeune confrère infectiologue qui s'est confronté à celui qui était encore chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches (AP-HP) dans le débat sur l'hydroxychloroquine. Au cœur du conflit, une méta-analyse concluant à l'inefficacité de l'antiparasitaire dans le traitement du Covid, et même à une augmentation significative de la mortalité dans le cas d'une association avec l'azithromycine. 

Co-auteur de cette étude, le Dr Nathan Peiffer-Smadja, jeune infectiologue parisien, a porté plainte le 3 décembre 2020 contre le Pr Perronne pour "comportement non confraternel". Il reprochait à ce dernier de l'avoir "attaqué personnellement" "à de multiples reprises, dans de grands médias publics", insinuant qu'il cachait des conflits d'intérêts, mentionne la décision de l'Ordre, consultée par Egora. Des propos "qui lui ont valu une campagne de cyberharcèlement, ainsi que des menaces de mort". 

Condamnant ces attaques ad hominem, la CME de l'AP-HP avait d'ailleurs adopté une motion le 1er décembre 2020, exigeant des sanctions à l'encontre du Pr Perronne. Ce dernier avait été démis de ses fonctions de chef de service quelques jours plus tard, le 17 décembre. 

Entre temps, le 14 décembre, l'infectiologue avait à son tour porté plainte contre Nathan Peiffer-Smadja, reprochant à ce dernier d'avoir diffusé entre le 12 mai 2020 et le 31 octobre 2020 "pas moins de 14 tweets désobligeants, injurieux, diffamatoires et menaçants à son encontre", mentionne la décision de l'Ordre. 

A l'issue de l'audience, qui s'est tenue le 13 septembre, la chambre disciplinaire de première instance a jugé que le Pr Perronne n'avait pas manqué à son devoir de confraternité puisque ses propos mentionnant le Dr Pfeiffer-Smadja "visaient uniquement, et de manière impersonnelle, sa qualité d'auteur d'une étude critiquée". "Les cyberharcèlements dont ce dernier a fait l'objet se sont produits entre le 20 juin et le 16 septembre 2020, donc plusieurs mois avant que le Dr Perronne cite son nom" dans le documentaire complotiste et antivax Hold up, diffusé à partir du 11 novembre 2020. 
 
A l'inverse, l'Ordre d'Ile-de-France reproche à Nathan Peiffer-Smadja ses propos "diffamatoires et injurieux" contre le Pr Perronne, d'avoir dénigré l'âge et insulté l'honnêteté et les compétences de l'infectiologue. Pour ces propos "de nature gravement anti-confraternelle", le jeune médecin écope d'un avertissement.  

Sur Twitter, nombre de médecins et scientifiques ont apporté leur soutien à Nathan Peiffer-Smadja, critiquant vivement la décision de la chambre disciplinaire de première instance.  

 

 

 

 

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