Schizophrénie : un collectif veut faire bouger la prise en charge

25/03/2016 Par Catherine le Borgne
Patients

Six associations de familles et patients touchés par la schizophrénie proposent des voies d'amélioration de la prise en charge de cette pathologie psychiatrique. Ils demandent une meilleure formation pour les médecins. Le Collectif schizophrénies, qui fédère six associations, a profité de l'actualité des journées francophones de la schizophrénie — organisées du 18 au 27 mars 2016 — pour faire entendre ses propositions sur la prise en charge des personnes souffrant de cette maladie. En premier lieu, les associations  déplorent "l'absence de prévention et le retard de diagnostic, avec plus 5 ans perdus en moyenne entre les premiers symptômes et le diagnostic ou la première hospitalisation". En particulier, "faute de formation suffisante, beaucoup de médecins ont des difficultés à percevoir les premiers signes qui devraient conduire à un diagnostic et à des soins précoces", affirme le collectif. De plus, l'accès aux soins est "aléatoire et brutal". Les associations expliquent que pour les personnes atteintes, et notamment les jeunes, l'accès aux soins s'effectue souvent en urgence et en cas de crise (entrée dans la maladie, rechutes), avec des pratiques éminemment variables d'une région à l'autre mais aussi d'un secteur psychiatrique à l'autre. Et "lorsque les patients ne sont pas en état de consentir, les conditions de l'hospitalisation forcée ne sont pas toujours respectueuses de leurs droits". En outre, certains soignants "refusent trop souvent de communiquer avec les proches et ne transmettent pas toujours le diagnostic au patient et à sa famille de façon transparente".

De plus, le collectif dénonce des "carences et inégalités dans l'organisation des soins qui demeure beaucoup trop centrée sur l'hôpital". De manière globale, les solutions sont "rares, morcelées, opaques et non évaluées". Après ce panorama sévère de la situation actuelle, le collectif évoque des pistes d'actions pour l'avenir. Les associations font savoir qu'elles comptent agir pour obtenir des dispositifs qui facilitent l'accès précoce aux soins, et également en cas de rechute. Ce qui "appelle à réfléchir à la législation actuelle, [et nécessite] que le diagnostic soit envisagé pour les enfants de moins de 16 ans s'ils présentent des symptômes évoquant la maladie". Elles veulent également que la formation des médecins et professionnels bénéficie de mises à jour sur la pathologie, ainsi qu'une "formation spécifique des médecins et psychiatres concernant l'information et l'orientation des malades et de leurs proches". Le collectif demande aussi l'application des droits des patients, ainsi qu'un "parcours intégré de soins et de vie qui s'appuie sur les recommandations faisantl'objet d'un consensus international et favorise l'inclusion sociale des malades". Ils souhaiteraient que des moyens soient donnés au développement, partout, des meilleures pratiques déjà évaluées et aux innovations efficaces (aide aux aidants, services d'accompagnement, clubs d'entraide, programmes de psychoéducation, équipes mobiles, etc.).

Les associations plébiscitent  des soins adaptés à la personne reposant sur les traitements médicamenteux mais comprenant aussi plusieurs autres composantes. Elles revendiquent un "renforcement des efforts de recherche à la hauteur des enjeux de santé publique et une meilleure coordination pour le soutien à la recherche". [Avec Hospimedia.fr]

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