Une gynécologue jugée pour la mort d'une patiente et de son bébé à deux jours du terme

06/07/2020 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
Une praticienne de 67 ans comparaissait jeudi 2 juillet devant le tribunal correctionnel de Pau, huit ans après la mort de sa patiente et de son bébé des suites d'une septicémie provoquée par une occlusion intestinale décelée trop tard. 

Le drame s'est produit en 2012. Emeline Perfeito, 24 ans, est à deux jours du terme de sa grossesse lorsqu'elle ressent une "douleur brutale" dans le ventre. Transportée par les pompiers, elle arrive à la maternité de la polyclinique de Navarre, à Pau, le matin du 16 juin. La gynécologue qui la prend en charge pense à un début de travail, le col s'étant ouvert peu après : "Lorsque la patiente est arrivée, nous pensions qu'elle allait accoucher de façon imminente. Elle parlait d'une douleur brutale mais sans signes digestifs associés", a témoigné la praticienne à la barre. "Je n'avais aucun signe d'occlusion", assure-t-elle. "Les signes sont arrivés l'après-midi", se défend la gynécologue, qui n'était alors plus de garde. 

Un scanner est demandé à 16h par le médecin qui a pris le relais. A 17h, la gynécologue revient en urgence : le bébé est mort in utero. Emeline Perfeito est transférée aux urgences, où elle décède à son tour le lendemain matin des suites de la septicémie provoquée par l'occlusion intestinale. 

Une "complication rarissime" que la gynécologue aurait dû malgré tout suspecter étant donné les antécédents de la jeune femme, estiment ses parents : une opération avait fragilisé ses intestins. 

Trois expertises ont été ordonnées : la première a mis en cause la praticienne, jugeant le retard de diagnostic fatal, tandis que les deux suivantes l'ont dédouanée, pointant une malformation jamais décelée auparavant. "Je crois que je n'ai rien à me reprocher", s'est défendu le médecin. 

"Une erreur ou un retard de diagnostic ne peut prendre la forme d'une faute caractérisée", a estimé le substitut du procureur, qui a plaidé la relaxe. Le verdict sera rendu le 22 octobre. 

[avec La République des Pyrénées] 

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