Traitement par iode radioactif dans la maladie de Basedow : peut-on prédire l’évolution et la survenue des complications ?

27/02/2019 Par Pr Philippe Chanson
Ophtalmologie

Le traitement par l’iode radioactif (IRA) est un traitement efficace de la maladie de Basedow mais est associé à un taux d’échec de 15 %, amenant à retraiter les patients. Ce traitement peut aussi être un facteur de risque d’aggravation de l’ophtalmopathie et provoquer une prise de poids. Une équipe d’Edimbourg s’est intéressée, dans le cadre d’une étude rétrospective de cohorte, aux facteurs prédictifs d’échec du traitement par IRA, de prise de poids, d’aggravation de l’ophtalmopathie et de satisfaction des patients. Un total de 655 épisodes d’IRA donnés chez les patients ayant une maladie de Basedow entre 2006 et 2015 a servi de base à cette étude. Dans cette équipe, une dose fixe de 400 MBq est administrée (une dose fixe de 800 MBq a été donnée chez 43 patients quand un traitement préalable par 400 MBq avait échoué à traiter l’hyperthyroïdie). Les patients traités par des antithyroïdiens de synthèse devaient arrêter leur traitement 5 jours avant le traitement par IRA. Le taux d’échec était de 17 %. Les taux d’échec étaient d’autant plus importants que les concentrations de T4 et les titres d’anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAK) étaient élevés. Ainsi le taux d’échec était de 42.2 % lorsque les TRAK étaient > 40 U/l. La prise de poids médiane était de 3.2 kg chez ceux qui avaient une T4 normale avant l’IRA et de 5.8 kg chez ceux qui avaient une T4 élevée au moment de l’IRA (p < 0.001). Des signes oculaires sont survenus chez 7.6 % des patients et n’étaient pas associés à une dysthyroïde post-IRAthérapie. La satisfaction des patients après IRAthérapie était généralement élevée (réponse médiane 8/10). En conclusion, l’échec des traitements après iode radioactif survient plutôt chez les patients qui ont des T4 élevées et des titres d’anticorps anti-récepteurs de la TSH élevés et ceci doit être indiqué clairement aux patients. La prise de poids est fréquente et n’est pas entièrement expliquée par un retour à l’état pré-thyrotoxicose. En tout cas, cette étude n’a pas permis de trouver d’impact significatif de l’état thyroïdien après iode radioactif sur la prise de poids, l’aggravation des signes oculaires ou les symptômes thyroïdiens.

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
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