L'obésité accélère la perte des cheveux par des mécanismes centrés sur les cellules souches

21/07/2021 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme Nutrition

L'obésité, dont le développement mondial est épidémique, prédispose les individus à de nombreuses maladies liées à l'âge mais ses effets exacts sur le dysfonctionnement des organes sont en grande partie mal connus. Les follicules pileux, des organes mini-épithéliaux responsables de la pousse des cheveux, réduisent de taille au cours du vieillissement, conduisant à une chute des cheveux par épuisement des cellules souches du follicule pileux (CSFP). Une équipe japonaise rapporte dans le numéro de Nature du 8 Juillet 2021 que le stress induit par l'obésité, tel que celui induit par un régime riche en graisses, cible les CSFP pour accélérer la perte des cheveux. L'analyse chronologique de l'expression génique a révélé que l'alimentation par régime riche en graisses pendant quatre jours consécutifs chez de jeunes souris dirigeait les CSFP activés vers la kératinisation épidermique en générant un excès d'espèces réactives de l'oxygène (ERO), mais ne réduisait pas le pool de CSFP. Une analyse intégrative utilisant le traçage du destin des cellules souches, l'épigénétique et la génétique inverse a montré qu'une alimentation par régime riche en graisses induisait des gouttelettes lipidiques et une activation de NF-κB dans les CSFP via une signalisation autocrine et/ou paracrine IL-1R. Ces facteurs intégrés convergent vers l'inhibition marquée de la transduction du signal Sonic hedgehog (SHH) dans les CSFP, appauvrissant ainsi davantage les CSFP chargés de lipides par leur différenciation aberrante et induisant la réduction de taille des follicules pileux et la perte éventuelle des cheveux. Inversement, l'activation transgénique ou pharmacologique de SHH permet d’éviter la perte de cheveux induite par le régime riche en graisses. Ces données démontrent que les signaux inflammatoires des cellules souches induits par l'obésité répriment de manière robuste les signaux de régénération des organes pour accélérer la réduction de taille des mini-organes, et suggèrent l'importance de la prévention quotidienne du dysfonctionnement des organes.

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