AINS, corticoïdes inhalés, macrolides : des médicaments pas toujours sans risque

20/02/2020 Par Corinne Tutin
Pneumologie
Les membres du Groupe pour la recherche et l’enseignement en pneumo-infectiologie (Grepi) de la Société française de pneumologie alertent sur les risques associés à certains médicaments pourtant largement prescrits.

  Les anti-inflammatoires non stéroïdiens doivent rester derrière le comptoir. Comme l’ont montré plusieurs études, ces médicaments augmentent en effet les risques associés aux pneumonies aiguës communautaires et accroissent la survenue d’abcès et de pleurésies purulentes. Ils n’ont pas d’indications dans les pathologies respiratoires. On sera aussi vigilant avec les macrolides (azithromycine). Ces antibiotiques, qui sont parfois proposés durant plusieurs années de suite dans certaines bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et moins souvent l’asthme (ou la mucoviscidose, la dilatation des bronches), pour leurs effets anti-inflammatoires et leurs capacités de réduire le nombre d’exacerbations, exposent en effet à des  effets cardiovasculaires (troubles du rythme). Mais, ils pourraient aussi, selon des études entreprises chez des patients avec une bronchiolite oblitérante, une complication de la transplantation pulmonaire, augmenter la probabilité d’apparition de cancers solides, a mentionné le Pr Anne Bergeron-Lafaurie (Hôpital Saint-Louis, Paris, membre du Grepi. Des études de longue durée devront vérifier ce point essentiel. « Il faut aussi veiller au risque d’apparition d’infections à mycobactéries atypiques résistantes chez les patients », a rappelé le Pr Nicolas Roche (Hôpital Cochin, Paris). Quoi qu’il en soit, le rapport bénéfices-risques des macrolides devra être réévalué régulièrement en cas de prescription au long cours, et ces médicaments ne doivent être prescrits qu’après avoir réalisé un électrocardiogramme car ils peuvent allonger l’espace QT. « Il s’agit d’une prescription de spécialiste », a considéré le Pr Christophe Leroyer (CHU de Brest). On fera aussi attention à ne pas prescrire en excès des corticoïdes inhalés dans la BPCO car ils doublent le risque de pneumonies infectieuses ou bactériennes. Ces médicaments sont réservés aux patients BPCO conservant un risque d’exacerbations fréquentes malgré un traitement bronchodilatateur bien conduit, et plutôt chez ceux avec un taux d’éosinophiles élevé. Le risque semble accru chez les patients fumeurs, âgés et pourrait être favorisé par un certain état d’immunodépression favorisé par les anomalies pulmonaires associées à la BPCO.

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

MICHEL BANVILLET

Oui

À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

6 débatteurs en ligne6 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
29
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
31
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2