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"Aidez-nous" : médecins, infirmières ou pharmaciens, ils sont confrontés au renoncement aux soins

Alors que l’articulation entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires est en débat, des professionnels de santé de la CPTS du 20ème arrondissement de Paris ont décidé d’écrire une lettre ouverte à Olivier Véran. Médecin, infirmière, kiné, pharmacien, sage-femme et même secrétaire médicale... Ils alertent le ministre de la Santé sur le renoncement aux soins et racontent des situations concrètes qu'ils ont vécues avec des patients qui n'ont pas d'assurance ou une mauvaise complémentaire et qui n'ont pas pu être pris en charge comme il le fallait. Egora publie leur texte, en intégralité. 

 

"Monsieur le Ministre,

La CPTS Paris 20 tient à participer à la réflexion sur l’articulation entre l'Assurance Maladie obligatoire et complémentaire.

Dans votre discours du 8 novembre 2021 sur le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, vous avez dit : "La réponse, ça n’est pas moins de droits, c’est plus de droits, mieux de droits. C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai demandé au Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie de réfléchir à l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaire." Nous, soignantes et soignants du 20ème arrondissement de Paris, nous voyons tous les jours en consultation des patient.e.s qui n'ont pas d'assurance complémentaire, ou une mauvaise complémentaire, et qui ne peuvent financer le reste à charge. Nous sommes témoins tous les jours de renoncement aux soins aux terribles conséquences.

Qui n’a pas de complémentaire santé ou une mauvaise complémentaire, aujourd’hui en France ? Les plus fragiles : celles et ceux qui ne travaillent pas ou qui sont au chômage (ainsi que leurs enfants), les étudiant.e.s, les personnes âgées ou encore tous celles et ceux dont les revenus dépassent les seuils de la complémentaire Santé Solidaire mais ne leur permettent pas de financer une complémentaire santé.

Les professionnel.le.s de santé de la CPTS Paris 20, notamment des médecins, infirmières, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, ou encore pharmaciens souhaitent vous présenter à travers ces 10 vignettes les difficultés que nous rencontrons pour soigner nos patients sans complémentaire ou avec une complémentaire “premier prix”, avec pour conséquence une mauvaise couverture de nos soins pourtant indispensables.

 

Vignette 1 : sage-femme

Une jeune femme de 26 ans, sans complémentaire : “Je la vois car elle est en début de grossesse, et elle n’est pas à jour dans son dépistage du cancer du col de l’utérus. Elle est d’accord pour un frottis maintenant, organisé et pris en charge à 100%. Nous prenons rendez-vous mais nous avons oublié le reste à charge de ma consultation. En effet, seule l'analyse du test de dépistage (cytologique ou HPV) est prise en charge à 100% dans le cadre du nouveau dépistage organisé. Elle doit donc me payer 12.46 euros mais elle ne les a pas.”

 

Vignette 2 : masseur-kinésithérapeute

Un jeune homme, étudiant de 23 ans, qui a pris une complémentaire étudiante en choisissant la formule de base chez une des complémentaires emblématiques. En effet, malgré des "petits boulots” en parallèle de ses études, il ne peut financer la moindre option et comme tout étudiant, il consulte en diagonale ses garanties, pensant qu’elles couvrent tous les soins essentiels liés à son jeune âge.

Il a une entorse de cheville, grade 2 (sur 3) et...

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