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"Mon sang n'a fait qu’un tour" : quand l’intervention d’un généraliste pour une appendicite prend une drôle de tournure

"L'urgence n'est pas l'apanage de l'hôpital." Généralistes ou spécialistes, vous êtes nombreux à avoir fait face à des situations d'urgence inédites au cours de votre carrière. Que ce soit à domicile, au cabinet ou lors d'une garde. Accouchement mouvementé, cas exceptionnel, urgence absolue : vous nous avez confié vos histoires.

 

“C'était il y a très longtemps, à la fin des années 70. J'étais tout jeune médecin, installé depuis un an en milieu rural. A cette époque, pas de 15 ni de SAMU. Le médecin généraliste faisait tout à la campagne. 

Ca s'est passé un mercredi, en fin de matinée. Je ne travaillais pas l'après-midi et je devais me rendre impérativement à Caen, avec ma femme, à 60 km de là pour aller voir mon jeune fils de deux mois qui était hospitalisé en neurochirurgie, suite à une malformation. Juste avant de partir, la secrétaire décroche un appel. Une urgence, pour une crise d'appendicite, apparemment. C'était dans une ferme, en pleine campagne, des patients que je ne connaissais pas. Leur médecin traitant, un ami à moi, n'était pas dispo. 

Ma femme me dit qu'il faut absolument qu'on parte, qu'on allait être en retard, que c'etait “toujours pareil”... J'entendais, au téléphone, des cris qui ne me semblaient pas normaux. Bien sûr, je prends la décision de faire la visite. “T'inquiètes pas, j'en ai pour une demi-heure”, ai-je dit à ma femme. En râlant, je prends ma voiture. Je mets déjà une demi-heure pour trouver cette foutue ferme - il n’y avait pas de GPS à l'époque.  Premier chemin à droite, deuxième chemin à gauche… Je finis par arriver dans une cour de ferme, comme on n'en voit plus maintenant. Au milieu de la cour, un paysan marchait de long en large, complètement excité et qui me dit : “tordez-lui le cou, tordez-lui le cou !”. 

Je ne comprenais rien. Il me montre la grange où je devais me rendre. Je rentre dans cette grange et je vois, sur le sol, une jeune femme, les cuisses écartées. Immédiatement, je me dis qu'elle a un œdème de la vulve, en tout cas, ce n'était pas du tout une crise d'appendicite. Je m'approche et dans la pénombre, mon sang ne fait qu'un tour...

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