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Ce que le directeur de la Cnam vous prépare

[ENTRETIEN] À quatre jours de l’entrée en vigueur de l’accord conventionnel sur la télémédecine, le 15 septembre, et alors que la profession attend de découvrir de la bouche d’Emmanuel Macron la stratégie de transformation de notre système de santé le 18, le directeur général de la Cnam prend la parole. Rosp, désertification médicale, prise en charge des urgences, médecine générale, structuration de l’accès aux soins dans les territoires, inflation des indemnités journalières… Dans un long entretien, Nicolas Revel tend la main aux médecins libéraux et leur propose de nouer une alliance en vue d’améliorer, ensemble, la pertinence des actes et la qualité du système de santé.
 

Egora-LE PANORAMA DU MÉDECIN : Une enquête flash réalisée par internet auprès de nos lecteurs nous indique qu’ils ne font pas montre d’un grand enthousiasme devant la télémédecine : 7 sur 10 reconnaissent ne pas s’être équipés pour cela. Que pouvez-vous dire aux médecins pour les persuader de l’intérêt de la télémédecine ?

Nicolas Revel : À partir du 15 septembre, les médecins pourront pratiquer des téléconsultations dans le cadre de leurs consultations normales. Ce sera une étape majeure pour la télémédecine en France. Pour autant, tous les médecins ne s’équiperont pas du jour au lendemain, et il ne faut pas s’attendre d’emblée à un énorme volume de téléconsultations. Il est normal qu’il y ait un temps d’appropriation et d’identification des cas où la télémédecine peut être utile. Il n’y a rien d’anormal ni d’inquiétant à cela. Ce qui est important, c’est que nous avons voulu faire simple. Nous n’avons pas voulu encadrer la pratique de la téléconsultation de mille règles en la limitant à certaines situations cliniques ou à certaines spécialités ou en venant poser des conditions de lieux ou d’équipements. Les choses seront très largement à la main des médecins, avec une simple exigence de sécurité des échanges sur laquelle nous serons amenés à diffuser prochainement des précisions. De même, les règles de facturation et de transmission des feuilles de soins seront adaptées.

En revanche, nous avons tenu à ce que la téléconsultation ne vienne pas affaiblir ou contourner l’organisation des soins mais qu’elle puisse au contraire la conforter. L’idée est que, tout simplement, le recours à la télémédecine s’inscrive dans le cadre des règles existantes.

 

Vous êtes-vous fixé des objectifs ?
Non, je n’ai pas d’objectifs quantitatifs, sinon le fait que les choses progressent.

 

Les syndicats de spécialistes estiment que la hauteur de la rémunération proposée pour la télé-expertise, qui se mettra en place en février, n’est pas de nature à les inciter à sauter le pas.​ Que leur répondez-vous ?
Je leur réponds que nous n’avons pas fixé ces valeurs par hasard. Nous avons d’abord voulu qu’une télé-expertise soit rémunérée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui et n’existe pas dans les pays autour de nous. Nous ne voulions pas pour autant que cette rémunération soit équivalente à celle d’une consultation car il est normal qu’il y ait un différentiel entre une consultation en présence du patient et une expertise rendue sur un champ forcément plus limité. Je le répète, beaucoup de médecins font déjà aujourd’hui de la télé-expertise sans aucune rémunération. Le fait d’en créer une est donc un véritable plus. En fonction du bilan que l’on pourra dresser d’ici un an ou deux, nous verrons si les niveaux de valorisation proposés sont, ou non, bien adaptés.

Depuis son évolution lors de la dernière convention, le paiement de la Rosp a rencontré de nombreux bugs signalés par les médecins. Quelles solutions apporter ? Ne faudrait-il pas pérenniser la clause de sauvegarde et la rendre annuelle ?
Les bugs dont vous parlez ont porté sur un tout petit nombre d’indicateurs. Chaque année, depuis que la Rosp existe, nous enregistrons des contestations individuelles. Et nous y répondons sans que cela soit forcément le signe d’un dysfonctionnement. Si la dernière Rosp a suscité des commentaires, ce n’est pas pour cette raison. Ce qu’il s’est passé, c’est que...

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