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Traçage numérique : notre santé peut-elle s’affranchir de nos libertés individuelles ?

Le traçage numérique de chacun de nous n’est pas une nouveauté. Depuis bien des années, le simple suivi de nos paiements par carte bleue pouvait donner une esquisse assez précise de nos déplacements. Mais avec la téléphonie portable, la précision de ce traçage s’est décuplée, et surtout celui-ci est devenu permanent grâce au GPS et tant que notre téléphone n’est pas éteint. Ainsi, au lendemain de l’annonce présidentielle du confinement, les opérateurs de téléphonie ont pu donner au gouvernement des données très précises, certes anonymes, sur les flux migratoires, notamment des Parisiens se ruant dans leurs résidences secondaires ! Ces données de géolocalisation peuvent-elles être mises au service du contrôle d’une épidémie ? A quel prix pour nos libertés individuelles ?

Parmi les missions confiées au Comité analyse recherche et expertise (CARE) placé sous la présidence du Pr Françoise Barré-Sinoussi, figure le « backtracking », autrement dit le traçage numérique permettant d’identifier les personnes ayant été en contact avec une autre, infectée par le Covid-19 et prise en charge pour une forme symptomatique plus ou moins grave. Utilisée dans certains pays asiatiques, ce traçage numérique pourrait offrir un grand intérêt en période post-confinement, pour identifier aussitôt les personnes susceptibles d’avoir été contaminées par une personne déclarant une infection à Covid-19 et aussitôt de mettre en isolement tous ses contacts possibles avant qu’ils ne deviennent des propagateurs susceptibles de redynamiser une épidémie en voie d’extinction. Et par le même raisonnement, un tel usage permettrait d’endiguer un risque épidémique dont la menace continuera de peser sur le monde, bien après la fin de l’épidémie actuelle.

C’est du reste la stratégie initiale d’ores et déjà appliquée dans certains pays comme Taïwan, la Corée du sud ou Israël, évitant ainsi, jusqu’à preuve du contraire, la solution extrême du confinement général. Interrogé sur les dépistages massifs et le traçage numérique, le ministre de la santé Olivier Véran a d’ores et déjà émis des réserves : « La Corée ne se contente pas de faire massivement des tests de dépistage, elle fait du tracking. […] Etes-vous prête à suivre la Corée jusqu’au bout de sa démarche ? Moi, je n’en suis pas convaincu et à titre personnel, non plus ! » a-t-il répondu à la députée LFI Michèle Obono. Cependant, en période de post-confinement général, un confinement personnalisé, se limitant aux seules personnes ayant été au contact récent d’un malade infecté est tout à fait envisageable, plusieurs opérateurs travaillent ardemment à une solution applicable dans quelques semaines.

Ces données de traçage numérique pourraient également être utilisées pour surveiller le respect des règles de confinement. C’est déjà le cas à...

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