"J’adorais mon métier mais c’est fini" : 7 médecins sur 10 ne recommandent pas aux étudiants de devenir généraliste

27/03/2023 Par Marion Jort
Selon un sondage Egora, 69% des médecins en exercice ne recommandent pas aux étudiants de devenir généraliste aujourd’hui.  

 

C’est un chiffre qui inquiète, alors que la pénurie de généralistes s’accroît de plus en plus dans les territoires : 69% des médecins interrogés par Egora ne recommandent pas à un étudiant de choisir la spécialité de médecine générale aujourd’hui. Rémunération, horaires de travail, politique de santé imposant du “donnant-donnant”’… depuis plusieurs mois, ils se battent pour défendre leurs conditions de travail mais leur combat laisse des traces. “Retraitée en 2020, j'ai beaucoup aimé ce métier, mais l'évolution avec manque de confiance et exigence des patients, risque de burn out par pression administrative, isolement et manque de reconnaissance sociale... ne peuvent que donner un sentiment d'insatisfaction”, commente par exemple la Dre Nathalie H.  

“Voilà 40 ans que j'entends les mêmes bla bla, renchérit le Dr Alain D. “En fait MG = esclave, taillable et corvéable à merci, sous-payé et méprisé. J'adorais mon métier mais c'est fini. Si les jeunes confrères restent conventionnés, ils sont foutus. Il faut sortir du carcan de la CPAM, refuser leur aumône et relever la tête. Non seulement ces fonctionnaires refusent d'accorder des honoraires décents mais ils clament que nous coûtons une fortune à l'État. Cette caste de gratte-papier ne connaît rien de notre métier mais ils veulent nous dire comment l'exercer. Les notaires, avocats, huissiers ne sont pas conventionnés. Les ostéopathes non plus. Ça ne les empêche pas de travailler.” Le Dr Michel R., lui, dénonce le manque de “visibilité” de cette profession “pour les dix années à venir.”    

 

Si d’autres egoranautes relèvent “le consumérisme médical de leur patients”, “les injonctions contradictoires” de la part des décideurs politiques ou “l’impression d’avoir mis le bras dans un engrenage sans pouvoir faire machine arrière”, d’autres lecteurs se montrent plus positifs. “Oui, je le conseillerai : le métier est passionnant, on soigne des gens de 0 à 100 ans et c’est super varié”, s’enthousiasme la Dre Anne-Claude D… avant de poursuivre : “Mais non, si pas de revalorisation à hauteur de la moyenne européenne. Fuyez !!”  

 

 

“Médecine générale choisie par passion pour tout ce qu'on peut imaginer, dure et parfois très dure dans la pratique mais la retraite arrivée, il en reste de fabuleux souvenirs et point besoin d'argumenter…”, écrit de son côté le Dr Jean-Pierre B. “C’est une spécialité riche et variée , le problème aujourd’hui n’est pas la spécialité en tant que tel mais la valorisation de son acte par la Sécu… Il faut aujourd’hui que chaque médecin généraliste se sente suffisamment valorisé et si le système Sécu ne le fait pas alors ce sera hors de ce système en S3…”, considère la Dre Sylvie C.  


Des témoignages qui confirment les chiffres d’une récente enquête de l’Association nationale des étudiants en médecine de France. Selon elle, alors que le Gouvernement a décidé de faire passer en force une quatrième année d’internat dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, la moitié des étudiants dont le premier choix était médecine générale aux ECNi en juin prochain remettent ce choix en question

 
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