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Choix de la médecine générale aux ECN : les chiffres qui inquiètent

Alors que le Gouvernement a décidé de faire passer en force une quatrième année d’internat de médecine générale dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, une enquête révèle que la moitié des étudiants dont le premier choix était médecine générale aux ECNi l’an prochain remettent leur choix en question. 

 

Ce sont des chiffres que redoutent et qui inquiètent les syndicats représentatifs d’étudiants en médecine : à cause de l’allongement de l’internat de la médecine générale, imposé par le Gouvernement dans le cadre du PLFSS 2023, la spécialité semble déjà perdre en attractivité auprès des carabins. Parmi les étudiants en dernière année d’externat dont le premier choix est la médecine générale aux prochaines ECNi, plus d’un sur deux (50%) remet ce choix en question. Pire : 7,7% abandonnent totalement la possibilité́ de choisir cette spécialité́. Enfin, 51% des étudiants qui envisagent la médecine générale sans que celle-ci soit leur premier choix, abandonnent cette possibilité pour l'instant.  

“Avant l’annonce du Gouvernement de la mise en place d’une quatrième année au DES* de médecine générale, 31,3 % des étudiants en médecine désiraient la médecine générale en tant que premier choix parmi les 44 spécialités possibles, et 43,5 % d’entre eux l’envisageaient sans que cela ne soit leur premier choix”, indique aussi l’Anemf. 

“On s’attendait à des chiffres alarmants mais pas à ces chiffres-là”, s’est inquiété le président du syndicat, Yaël Thomas, lors d’une conférence de presse ce jeudi 17 novembre, jour de mobilisation des étudiants en médecine pour demander le retrait de la mesure du PLFSS. "Ça ne fait que deux ans que la MG remplit ses postes aux ECNi… En choisissant de faire passer en force cette quatrième année d’internat, on va se retrouver avec des centaines de généralistes formés en moins tous les ans et donc autant de médecins qui ne seront pas dans les territoires dans quelques années”, appuie Raphaël Presneau, président de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale. Pour rappel, 3.388 postes ont été ouverts - et pourvus - pour cette spécialité́ l’an dernier. 

 

 

 

Une fuite des jeunes médecins vers l’étranger ?

L’Anemf craint également que la proportion d’étudiants préférant aller exercer à l’étranger une fois diplômés n’augmente. “Avant l’annonce de l’ajout d’une quatrième année au DES de médecine générale, seulement 1,8 % des étudiants, dont le premier choix était la médecine générale, pensaient poursuivre leurs études ou exercer à l’étranger”, relève le syndicat. Or, depuis les annonces gouvernementales, 5% de ces étudiants sont maintenant sûrs d’aller exercer à l’étranger, selon les chiffres de leur étude. 

                                                          

 

Enfin, l’Anemf alerte aussi sur la santé mentale des carabins particulièrement dégradée en cette fin d’année : selon elle, avant les différentes annonces gouvernementales sur l’allongement du DES* de médecine générale et la multiplication de mesures coercitives, 19% des carabins sondaient estimaient leur santé mentale “mauvaise”. Désormais, ce pourcentage est de 36%. 

“L’état des lieux cherchait à mettre en exergue un lien entre les annonces du Gouvernement et du Parlement, et l’anxiété ressentie par les étudiants”, prévient le syndicat. Et là encore, le constat a de quoi alerter : depuis la mise en place d’une quatrième année au DES de médecine générale, un peu plus de 4 étudiants sur 5 ont l’impression de ressentir davantage d’anxiété. Parmi eux, 92 % pensent que ce regain d'anxiété est “plutôt” ou “entièrement lié” au contexte et aux annonces politiques de ces dernières semaines”, indique l’Anemf.

 

 

*Diplôme d’études spécialisés

 

 

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