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Médecins libéraux : le ministère agite à nouveau le chiffon rouge des réquisitions

L’an dernier, à la même époque, la possibilité d’utiliser le levier de la réquisition des libéraux pour pallier les tensions liées à l’épidémie de Covid-19 avait déjà suscité des craintes parmi la profession. Et voilà que cette mesure revient sur le devant de la scène… même si elle reste un dernier recours.  

C’est une communication qui fait du bruit. Dans un “Urgent”, daté du 17 novembre, la Direction générale de la Santé émet une série de “recommandations relatives à l’anticipation et l’adaptation de la réponse de l’offre de soins aux situations de tensions”. En cause : des “difficultés à remplir les tableaux de garde ou à maintenir une offre de soins complète”, “rencontrées dès cet automne dans les établissements”.  Et ce du fait des vagues successives de l’épidémie de Covid-19, de la recrudescence de celle-ci et d’une “circulation active et précoce des virus hivernaux”.  

Le DGS-Urgent mentionne ainsi notamment des leviers pouvant être activés pour soutenir “spécifiquement les structures de médecine d’urgence”. Elle en distingue trois sortes. 1) des leviers à la main des établissements, avec des mesures relevant de la gestion interne des personnels, comme l’appel aux volontaires, “y compris chez les internes de dernier semestre, docteurs juniors…”. 2) des leviers sous la coordination des ARS, “relevant de la solidarité territoriale” : appel aux volontaires en externe - les médecins libéraux qui pourraient intervenir dans le cadre de contrat ou de mises à disposition -, mobilisation du CDOM pour l’organisation de la PDSA renforcée et la participation à la régulation du SAMU (week-ends et jours fériés compris).  

3) Le DGS prévoit enfin, sous la coordination des ARS, des “mesures plus coercitives”, dans le cas où les mesures citées précédemment ne seraient pas “suffisantes”. Est ainsi prévue, notamment la réquisition des intérimaires…. et des libéraux, par demande de l’ARS auprès du préfet.  

 

"Super timing"

Une annonce qui n’est pas du goût de nombreux praticiens, qui l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux. “La médecine libérale dans son ensemble et la médecine générale en particulier est au bord du gouffre. Plein de médecins pensent à déplaquer. Et quelqu’un s’est dit que c’était un super timing pour menacer de réquisition pour colmater les trous de l’hôpital”, déplore par exemple le Dr Florian Zores sur Twitter.  

Dans un communiqué commun, Action Praticiens Hôpital, Jeunes Médecins et l’Isni, déplorent que, alors que “l’hiver arrive, l’hôpital public [n’ait] plus rien à se mettre sur le dos” et que, de fait, il “mendie pour trouver du personnel”. “Le ministère invoque la 5e vague Covid et les épidémies hivernales pour justifier de chercher tous azimuts des ‘faisant fonction de soignants’ : des plus jeunes aux retraités, que l’on va mettre comme des pions dans les urgences, de manière plus ou moins incitative (financière) ou coercitive (pour les plus jeunes) en favorisant des horaires de travail qui conduisent...

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