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"La médecine libérale est attaquée de toutes parts"

Réforme des retraites, transferts de compétences, demandes de soins non programmés…  La médecine libérale se trouve à un tournant. Face aux « pressions » multiples subies par la profession, la CSMF appelle au rassemblement. Un appel entendu : pour la première fois, l’ensemble des syndicats représentatifs seront réunis lors de la 25e Université d’été de la confédération, organisée du vendredi 13 au dimanche 15 septembre à Antibes/Juan-les-Pins. Egora fait le point avec son président, Jean-Paul Ortiz.

 

Egora.fr : Quel est votre ressenti général au lendemain des annonces faites par la ministre en réponse à la crise des urgences ?

Dr Jean-Paul Ortiz : Le plan a le mérite d'être un plan global, enfin on reconnaît que les médecins libéraux prennent en charge des soins non programmés et répondent aux demandes d'urgence ressentie de la population. On parle de plus de 30 millions d'actes, puisque les études montrent que 12% des consultations des généralistes sont des soins non programmés. Et on ne compte pas l'activité faite en urgence par les médecins spécialistes.

Sur les mesures proposées, ce que je note c'est la volonté de mieux organiser l'entrée dans le système de soins – beaucoup de Français passent par l'Hôpital. La création de ce service d'accès aux soins (SAS) pourrait en être l'occasion. Mais nous sommes très dubitatifs sur la façon dont cela va se mettre en place… Si c'est un coup de peinture sur la façade du centre 15, géré par l'Hôpital, on rate la cible.

Nous sommes très attachés dans le schéma actuel au 116-117, qui nous semble le meilleur moyen d'appeler un médecin de ville sans passer par le centre 15. J'ai bien entendu la ministre, qui ne veut pas rentrer dans une guerre de numéros, ou une guerre des rouges et des blancs. Mais il nous semble qu'un seul service d'appel centralisé a deux inconvénients majeurs : premièrement, ça recentre les choses sur l'Hôpital car, sauf révolution, ce sera sous l'égide des Samu/Centres 15 ; deuxièmement, un numéro unique nous fait craindre un retard sur la prise en charge des soins vitaux – le décroché pour une urgence vitale doit être inférieur à une minute. De ce point de vue-là, le SAS nous inquiète.

La deuxième chose qui nous inquiète quand on regarde le plan, c'est que toutes les finances vont à l'Hôpital. On peut solliciter les médecins libéraux pour prendre en charge des soins non programmés supplémentaires par une meilleure organisation, mais il nous faut des moyens.

 

La CSMF a demandé l'ouverture sans délai de négociations conventionnelles sur la prise en charge des soins non programmés. Que réclamez-vous ?

A partir du moment où un médecin s'engage, dans le cadre d'une organisation territoriale, à prendre en charge sans délai un patient sur sollicitation de la régulation, il faut que ces actes-là soient valorisés. Je comprends bien le souci de Nicolas Revel [directeur de la Cnam] de ne pas ouvrir la boite de Pandore, d'autant qu'on a déjà une activité de soins non programmés non négligeable (30 à 35 millions d'actes)… Mais je dis simplement : réfléchissons ensemble à comment on peut inciter, y compris financièrement, les médecins libéraux à prendre un peu plus de soins non programmés. La réorientation de la régulation vers le médecin traitant, la MUT, est à 15 euros. Mais personne ne l'utilise. Si le 15 vous dit que votre cas nécessite une consultation chez le médecin traitant, celui-ci peut coter 25 euros + 15 ; ça évite un passage aux urgences. Mais ça, ça n'arrive jamais ! Car si vous...

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