Hyperthyroïdie de l’enfant : une pathologie qui augmente, sans doute en raison de causes environnementales

06/12/2022 Par Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme Pédiatrie
La cause principale d'hyperthyroïdie infantile est la maladie de Basedow, une maladie auto-immune rare chez les enfants. Les données épidémiologiques sont elles aussi rares et la variabilité de l'incidence d’une région française à l’autre est inconnue.

  Juliane Léger, endocrinologue pédiatre de l’hôpital Robert Debré, à Paris, travaille depuis de nombreuses années sur la maladie de Basedow chez l’enfant, ce qui lui a donné l’occasion d’analyser les tendances dans le temps et les variations régionales de l'hyperthyroïdie pédiatrique en France, en vue d'identifier d'éventuels facteurs déclenchants environnementaux. Il s’agissait d’une étude observationnelle en population à partir des données collectées auprès du Système National des Données de Santé, couvrant la période 2008-2017 et l'ensemble de la France. Les cas incidents d'hyperthyroïdie traitée, chez les enfants âgés de 6 mois à 17,9 ans, localisés à l'échelle du département de résidence, ont été individualisés et des analyses descriptives du taux d'incidence selon le sexe, l'âge et l'année ainsi que le département de résidence ont été réalisées. Sur la période 2008-2017, 4734 cas incidents d’hyperthyroïdie ont été identifiés, chez 3787 filles (80%) et 947 garçons (20%). Le taux d'incidence brut était de 3,35 (IC 95 % : 3,26 à 3,45) pour 100 000 personnes-années au cours de la période d'étude. Entre 2008 et 2017, l'incidence a augmenté de 30,1 % (19,0-42,3 %). Le taux d'incidence annuel a augmenté de manière linéaire sur la période de 10 ans chez les filles et les garçons, augmentant de manière similaire dans toutes les tranches d'âge et dans tous les départements. En revanche, une hétérogénéité marquée du risque d'hyperthyroïdie infantile à travers la France est observée. La tendance à l'augmentation de l'incidence observée en France confirme l’augmentation trouvée dans d’autres pays, en particulier les pays nordiques, et pourrait refléter des changements dans les interactions génétiques et environnementales, et l'hétérogénéité spatiale marquée peut refléter des facteurs ethniques ou environnementaux localisés dignes d'une enquête plus approfondie.

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Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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