20% des réactions aux produits de contraste sont de vraies allergies

02/10/2018 Par Marielle Ammouche
Allergologie

Faussement étiquetées allergies à l’iode, les réactions d’hypersensibilité immédiates aux produits de contraste iodés (pour les scanners) et gadolinés (pour les IRM) peuvent être de type urticaire, angioedème, bronchospasme, hypotension ou choc anaphylactique. Et il existe des réactions sévères, rares, qui surviennent quelques minutes après l’injection.

Pour en savoir plus sur ces réactions et en particulier évaluer la part des véritables réactions allergiques, une équipe de chercheurs français (Paris et Caen), a étudié de manière prospective les réactions d’hypersensibilité immédiate aux produits iodés et gadolinés chez 245 patients (provenant de 31 centres) ayant présenté une réaction immédiate. Les participants ont eu un prélèvement sanguin dans la première heure suivant la réaction afin de mesurer les taux d’histamine et de tryptase sanguins. Puis ils ont bénéficié d’un rendez-vous chez l’allergologue afin de tester tous les produits de contraste existants (10 iodés ou 5 gadolinés). Selon les résultats aux tests cutanés les patients étaient classés en : allergiques (si test positif au produit de contraste dilué); potentiellement allergiques (si test positif uniquement au produit pur) et non allergiques. Les auteurs ont ainsi identifié 41 patients allergiques aux produits iodés et 10 patients allergiques aux produits gadolinés, soit 21% du total. Plus la réaction était sévère, plus le mécanisme allergique était fréquent : 9,5% dans les réactions cutanées ; 22,9% dans les réactions modérées ; 52,9% dans les réactions mettant en jeu le pronostic vital et 100% quand il y avait arrêt cardiaque. "Le groupe de patients potentiellement allergiques présentait des symptômes cliniques et des dosages d’histamine et de tryptase intermédiaires entre le groupe des patients allergiques et ceux non allergiques. Ce qui suggère qu’une partie d’entre eux sont véritablement allergiques au produit de contraste" complète le communiqué de l’AP-HP. En outre, 62,7% des patients allergiques présentaient une réaction croisée à un ou plusieurs autres produits de contraste. Les auteurs appellent donc à la vigilance concernant ces réactions aux produits de contraste, car "les patients allergiques présentent un grand risque de récidive si on leur réinjecte un produit de contraste donnant un test cutané positif" précise l’AP-HP. Ils recommandent aussi que les patients ayant manifesté des symptômes sévères bénéficient d’un dosage d’histamine et de tryptase au décours de la réanimation et de tests allergologiques dans les six mois qui suivent, afin de déterminer l’origine allergique ou non de leur réaction, et surtout de savoir quels produits seront contre indiqués ou autorisés pour les injections futures.  

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