Ce que l'on sait de la réforme de la santé

17/09/2018 Par Catherine le Borgne
Politique de santé

Emmanuel Macron annoncera ce mardi la tant attendue réforme du système de santé, lors d'un discours prévu à 10h à l'Elysée. En début d'après-midi, Agnès Buzyn devrait donner plus de détails lors d'une conférence de presse au ministère. Avant les grands discours, voilà ce que l'on sait.

     

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  Assistants médicaux : la CSMF revendique la promotion du concept depuis 2011, pour tous les médecins libéraux ; MG France fait de la rémunération par l'assurance maladie de ces assistants, son grand combat pour la médecine générale. La réforme qui sera présentée mardi par le président de la République devrait donner du corps à ces nouveaux professionnels du soins, dont la mission consiste à redonner du temps médecin aux praticiens, en les allégeant de diverses tâches chronophages : désabillage et rabillage pour les nourrissons et les personnes âgées, recueil de diverses indications administratives et sanitaires, tels la taille, le poids, la vue, la prise de tension, un renouvellement d'ordonnance, sous la surveillance du médecin etc. MG France demande le financement d'un assistant (rémunération annuelle de 50 000 euros) pour 2 médecins généralistes, la CSMF, qui le conçoit aussi pour les médecins spécialistes, l'envisage plutôt pour 3 praticiens. Le  gouvernement validerait cette innovation destinéeà palier la désertification médicale, alors que les projections démographique médicales sont mauvaises pour les dix prochaines années. Invité aux 24èmes universités d'été de la CSMF, le directeur général de la CNAM a confirmé cette option, insistant sur sa contrepartie : prendre en charge plus de malades et prioritairement, ceux qui n'ont pas de médecin traitant. Et pour les spécialistes, réduire le temps d'attente avant un rendez-vous. Selon Les Echos, 500 postes de ce type seraient créés en 2019, tout ou partiellement pris en charge par l'assurance maladie, pour un cabinet de 3 médecins au moins.   Etablissements de santé communautaires : ces établissements d'un nouveau genre devraient permettre de faire vivre les soins de premiers recours dans les territoires chers au Président de l'Ordre des médecins. Leur implantation devrait aller de pair avec une carte hospitalière redessinée. "Il n'y aura pas de fermeture d'hôpital", avait promis Agnès Buzyn au printemps en jugeant possible qu'un "certain nombre de services de proximité de soient pas maintenus".  Ces établissements communautaires disposeront de lits et permettront un opération ambulatoire, un examen ou une consultation. La proposition avait été formulée par le Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie, rendu public il y a quelques mois. Idéalement au nombre de 550 à 600, ils seraient organisés par les acteurs de terrain avec trois missions, croit savoir Les Echos :  limiter le recours non-pertinent à l'hôpital, organiser les sorties d'hospitalisation, faciliter la permanence et la continuité des soins sur leur bassin de vie.   Etudes de santé : la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, accompagnera Agnès Buzyn mardi après-midi lors de la présentation du plan à la presse. Les attentes sont importantes concernant la réforme des études de santé. Les deux ministres ont plusieurs fois annoncées leur volonté commune d'une réforme de la PACES, mais aussi du second cycle. "On ne peut pas se satisfaire de ce gâchis absolu de milliers de jeunes qui ont une mention TB au bac S et sont désespérés à l'issue du concours de Paces", avait indiqué Agnès Buzyn face aux élus de la commission d'enquête parlementaire sur les déserts médicaux en juin dernier. Reste à savoir quelle sera l'option choisie par le gouvernement.  En février 2018, Edouard Philppe avait regretté qu'après deux échecs, les étudiants "souvent méritants", se retrouvent sans rien. Et que seuls les plus aisés avaient les moyens d'aller se former en Europe. La réforme du "numerus clausus" se fera "avec un esprit ouvert et sans idées préconçues", avait-il alors affirmé. Edouard Philippe avait laissé ouvertes plusieurs options : une suppression pure et simple du numerus clausus, une augmentation du quota d'étudiants admis en 2ème année ou une modulation selon les universités.      

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